Pesticides en Loire-Atlantique : ces terres agricoles qui leur sont désormais interdites

[ÉPISODE 4/5] Les nouvelles zones de non-traitement aux pesticides imposées aux agriculteurs à proximité des habitations, des écoles et des lieux accueillant du public sont-elles suffisantes ? Dans la métropole nantaise, Mediacités révèle - chiffres inédits à l’appui - les enjeux pour les riverains et les agriculteurs.

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Vue aérienne de Saint-Herblain, près de Nantes, à la lisière entre zones agricoles et zones urbanisées. / © Photo : capture Google Hearth

Quatrième volet de notre grande enquête consacrée aux pesticides en Loire-Atlantique. Où l'on s'intéresse à ces terres agricoles situées à proximité d'habitations, où l'usage des pesticides est désormais interdit. Interdit ? Si vous avez lu les premiers épisodes de notre série (sinon, il est encore temps), vous aurez compris que c'est évidemment beaucoup plus compliqué que cela. Alors, qui est concerné exactement par ces zones de non traitement qui ont fait l'objet d'une concertation - aussi discrète que controversée - l'été dernier ? Les riverains qui résident à moins de trois mètres d'une terre cultivée, comme le souhaitaient les responsables agricoles ? Ou à plus de 150 mètres, comme l'espéraient les associations de défense de l'environnement ? Dans une agglomération où l'agriculture résiste tant bien que mal, quelles sont les communes de la métropole nantaise les plus touchées ? Et dans quelle proportion ? Chiffres et données inédits à l'appui, Mediacités apporte un éclairage nouveau.


 
Épisode 4 : Ces terres agricoles désormais interdites aux pesticides
 

Est-ce un constat ou peut-on y voir un chantage à l’emploi à peine voilé ? Dès le premier paragraphe du préambule de sa nouvelle « charte d’engagement des utilisateurs de produits phytopharmaceutiques de Loire-Atlantique »
Une charte "concertée" durant l'été
Les zones de non-traitement, dites ZNT (une bande de 5, 10 ou 20 mètres en bordure de parcelle où sont interdits les pesticides), ont été instaurées le 27 décembre 2019. Mais le même jour, un autre décret proposait une option pour permettre aux agriculteurs de déroger à la règle : il leur suffisait de proposer une charte départementale d’engagement, en concertation avec les riverains. Cette charte fixe des engagements à tenir pour les agriculteurs : respecter les réglementations en vigueur, tenir compte des conditions météorologiques, se former régulièrement (trois choses déjà obligatoires) et mettre en œuvre les bonnes pratiques pour maîtriser les risques de dérive des produits phytosanitaires à proximité des zones d’habitation. En échange, des ZNT réduites peuvent être accordées ( épandage à 3 mètres des lieux de vie au lieu 5).

Dans les Pays de la Loire, la concertation, confiée à la Chambre d’agriculture, a eu lieu en ligne, du 13 mai au 13 juin 2020. Chacun était appelé à s’exprimer sur la charte proposée. Le détail des participations n’est pas public, mais le rapport montre que la majorité des avis exprimés ont été défavorables à la charte (23% des avis valides exprimés sur la question des distances (5, 10 ou 20 m . . .

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Temps de lecture : 10 minutes

Par Frédéric Sallet