Le pactole d’Indigo sur les parkings de Toulouse

La société Indigo exploite 14 des 15 parkings toulousains et construit le futur parking Jean-Jaurès Gare. Chaque année, l'ancienne filiale de Vinci réalise 20 millions d'euros de chiffre d'affaires à Toulouse. Les contrats de délégation de service public ont-ils été bien négociés ? Mediacités a mené l'enquête.

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Le parking des Carmes, géré par la société Indigo (Photo : Sylvain Morvan)

La société Indigo, ancienne filiale de Vinci, exploite 14 des 15 parkings de Toulouse - seul le parking de la place Jeanne d'Arc est exploité par Q-Park. Une nouvelle délégation de service public a été votée par Toulouse Métropole en février 2016, toujours avec Indigo, incluant la construction du nouveau parking Jean-Jaurès Gare. Tous ces contrats, de 1986 à aujourd'hui, ont un point commun : Pierre Trautmann. L'actuel conseiller métropolitain et adjoint au maire chargé des marchés publics a négocié la délégation de service public de 2016, mais également tous les contrats précédents, lorsqu'il était directeur général des services de la ville de 1986 à 2008. Des contrats que la Chambre régionale des comptes a critiqué dans un rapport rendu public en 2016.            

La Chambre s'est penchée sur les contrats signés entre 1986 et 2004, dont la majorité sont toujours en cours. Et pour cause ! Certains affichent des durées excessivement longues, de 20 à 45 ans, et se termineront à l'horizon des années 2030 - voire 2040 ! Pour la Chambre régionale des comptes, huit contrats sur 14 « présentent une durée excédant le seuil exceptionnel de 30 ans », ce qui est injustifiée à ses yeux. Elle pointe aussi les contrats passés, en 1991, sur les parkings Victor-Hugo et Carmes d'une durée de 25 ans, qui paraît « d’autant plus excessive que les-dits ouvrages ont été construits bien antérieurement à la conclusion du contrat ». Mis en service en 1959 et 1966, ces deux parkings étaient déjà amortis. Ils auraient pu faire l'objet d'un contrat d'une dizaine d'années (ou être repris en gestion directe). Mais, pour Pierre Trautmann, il s'agissait de financer de nouveaux parkings, comme Saint Cyprien ou Carnot, en les adossant à des ouvrages rentables.

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Publié le

Temps de lecture : 6 minutes

Par Isabelle Jarjaille