L’affaire fait plus qu'embarrasser l'administration pénitentiaire. Selon les informations de Mediacités, deux gardiens de prison, l'un travaillant à la maison d'Arrêt de Seysses (Haute-Garonne), l'autre à l'établissement pénitentiaire pour mineurs de Lavaur (Tarn), sont suspectés de radicalisation islamiste. Les deux surveillants font l'objet d'un suivi étroit par la Sous-Direction Anti-Terroriste de la Direction Nationale de la Police Judiciaire, en lien avec la section anti-terroriste du Tribunal de Grande Instance de Paris, qui a une compétence nationale.

Ces deux gardiens de prison sont non seulement fichés « S » mais inscrits au Fichier de traitement des Signalements pour la Prévention de la Radicalisation à caractère Terroriste (FSPRT), bien plus sélectif . De quoi susciter de sérieuses inquiétudes quand on sait qu'une vingtaine de détenus de Seysses sont inscrits au FSPRT et que plusieurs jeunes prisonniers sont suivis pour radicalisation islamiste à Lavaur. L’inscription dans ces fichiers ne constitue pas une preuve de culpabilité. D’où l’embarras de l'administration pénitentiaire, qui ne peut prendre de sanctions qu’en cas de comportement nuisant au bon fonctionnement des établissements (un flagrant délit de prosélytisme, par exemple).                     

« Cette information n'est pas étonnante outre-mesure, confirme Christophe Miette, responsable Occitanie du principal syndicat d'officiers de police, le SCSI-CFDT. Sur près de 30 000 gardiens de prison, il est statistiquement probable que certains d'entre eux aient ce profil. Dans nos propres rangs, certains policiers, gendarmes, personnels administratifs ont été suivi pour radicalisation. Ce fut le cas d'un agent à l’Ecole Nationale de Police à Toulouse en 2017 ou encore d'un gendarme radicalisé dans le Var découvert en 2013. »

Preuve supplémentaire de l’embarras de l’Administration pénitentiaire, l'un des deux surveillants fichés, dont le profil est considéré comme le plus inquiétant, a été muté le 2 juillet dernier de Seysses à Lavaur. Une mutation qui ne règle en rien la situation.