Quartier Bonnefoy, à l'est de Toulouse, de l'autre côté de la gare Toulouse-Matabiau. Dans la petite rue des Cheminots qui file à droite de l'avenue de Lyon juste après le pont, Stéphanie, 38 ans, auxiliaire de vie scolaire, occupe un agréable T3 de 60 mètres carrés avec ses deux enfants, qu'elle élève seule. Installée là depuis 2012, son lien avec le quartier est bien antérieur : « Ma grand-mère est des Hauts de Bonnefoy, raconte-t-elle. Je suis arrivée ici dans l'enfance et j'y ai grandi. C'est mon quartier. Et quand, il y a quelques années, j'ai eu l'occasion de m'y réinstaller, je l'ai fait avec plaisir : c'est un coin populaire avec une vraie mixité sociale, dans lequel j'ai toujours été à l'aise même quand j'étais ado. En plus, c'est central. Je fais tout en vélo ou à pied... » Bref, un vrai « bon plan » pour cette mère isolée qui paie un loyer mensuel de 530 euros pour deux chambres et une grande pièce à vivre donnant sur une petite cour intérieure partagée avec six autres locataires.

Mais là s'arrête la belle histoire. La rue des Cheminots est promise à être rasée. Son tort ? Être placée au cœur du « périmètre de déclaration d'utilité publique » du plus grand projet de renouvellement urbain de Toulouse actuellement en cours. Un projet qui a discrètement changé de nom en novembre, l'acronyme un peu techno « Teso » (pour Toulouse euro-sud ouest), laissant la place, ni vu ni connu, au plus gouleyant et pittoresque « Grand Matabiau Quai d'Oc ». La double finalité affichée, elle, demeure : « Transformer la gare de Toulouse-Matabiau en pôle d’échanges multimodal » et « étendre le centre-ville au-delà du canal du Midi ». Le tout, assure la communication officielle du projet, en visant « une amélioration globale du cadre de . . .

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