C'est une mobilisation historique : 2 049 des 2 256 sages-femmes du secteur privé à but lucratif co-signent une lettre de revendications qui va être postée ce 26 novembre au gouvernement. Quatre exemplaires vont être envoyés au Président de la République Emmanuel Macron, au Premier ministre Jean Castex, au ministre de la Santé Olivier Véran et à Lamine Gharbi, le président de Fédération des cliniques et hôpitaux privés de France (FHP). Et c'est depuis la Haute-Garonne que cette missive de quatorze pages va partir entre autres vers l’Élysée, comme l'indique à Mediacités Céline Morais, sage-femme en poste à la clinique Croix du Sud, à Toulouse.

« L'initiative de créer début novembre un groupe de discussion réunissant les sages-femmes du privé est venue de Toulouse. Le groupe compte aujourd'hui des représentantes des 110 maternités privées de France, explique Céline Morais. Quand nous avons proposé d'écrire cette lettre, les collègues de l'ensemble du pays se sont mobilisées. 95 % de professionnelles signataires, ça a été un travail de dingue. C'est une première. »

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Lettre envoyée par plus de 2 000 sages-femmes à Emmanuel Macron, le 26 novembre 2021.

Plus de sages-femmes et de meilleurs salaires

Dans leur lettre, les sages-femmes « crient leur colère, leur épuisement et leurs inquiétudes pour les patientes prises en charge dans des conditions de plus en plus difficiles ». Elles dénoncent les effectifs insuffisants, un statut inadéquat et des rémunérations ne correspondant ni à leur formation ni à leur responsabilité médicale. Pour rappel, ces professionnelles du secteur privé représentent moins d'1/10e de l'effectif total des sages-femmes en France, alors qu'elles prennent en charge un cinquième des naissances annuelles. 

« Nous avons fait une étude de salaires en 2020 dans entre le privé et le public dans le bassin toulousain. Une sage-femme du privé gagne en moyenne 25 % de moins que dans le public. Cela représente une différence de 400 euros par mois en début de carrière et de 1 700 euros par mois en fin de carrière, s'exclame Céline Morais. On ne demande pas à être payé autant car, dans le public, les sages-femmes peuvent être amenées à traiter plus de pathologies. Mais 25 % d'écart, c'est trop pour le même diplôme. Nous ne sommes pas des sous-sages-femmes. Le privé soit se réaligner sur le public. »

La missive ne fait pas référence aux récentes promesses gouvernementales d'octroyer une revalorisation financière de 500 euros par mois aux sages-femmes du secteur public, car le texte a été « figé » par ses rédactrices avant lesdites annonces. « Celles-ci sont insuffisantes au regard du rapport de l'Igas de septembre et leur transposition dans le privé n'est pas entière », précise Céline Morais.

Il y a un mois, plusieurs grèves ont paralysé les maternités privées toulousaines pendant quelques jours. « Si cet appel devait rester sans réponse satisfaisante, de nouvelles actions sont envisagées », préviennent les sages-femmes.

Avatar de Gael Cérez
Nourrit sa curiosité en tant que journaliste depuis l'an deux mille quatorze. S'intéresse aux innombrables facettes de notre société. Rédacteur en chef de Mediacités à Toulouse depuis octobre 2019.