Près du cours Foucault, dans le centre-ville de Montauban, des employés municipaux retirent les bougies noircies et le bouquet de fleurs décrépit qui orne une stèle tricolore. Dessus apparaissent trois noms : Mohamed Legouad (23 ans), Abel Chennouf (25 ans) et Loïc Liber (27 ans au moment des faits). Les deux premiers ont été assassinés, le troisième grièvement blessé, le 15 mars 2012, vers 14 heures, alors qu’ils sortaient de leur caserne. Ces parachutistes du 17e régiment du génie parachutiste sont la deuxième cible des attentats perpétrés par Mohamed Merah.

De ce drame, il ne reste aujourd’hui à Montauban que cette plaque commémorative, coincée entre une haie de bambou et un rond-point très passant. Devant le modeste monument décrépit, la mince bande de goudron sert souvent d’arrêt-minute pour les automobilistes venus s’approvisionner au bureau de tabac tout proche. En dehors de cette stèle, pas d’allée Chennouf ou Legouad dans la commune. Celles-ci existent, mais dans le quartier Saint-Agne, à Toulouse. C’est dans la métropole toulousaine, elle aussi blessée par les attentats de 2012, qu’est prévue la grande commémoration de ce dimanche 20 mars. Nicolas Sarkozy, François Hollande, Emmanuel Macron et plus de 2 000 personnes vont rendre hommage, dix ans après, aux victimes militaires et civiles : les trois de Montauban, le maréchal des logis-chef Imad Ibn Ziaten (30 ans), l’enseignant Jonathan Sandler (30 ans), ses enfants Arié (six ans) et Gabriel (trois ans et demi) ainsi que Myriam Monsonego (huit ans et demi), la fille du directeur de l’école Ozar Hatorah où a lieu la tuerie.

Rencontrée trois . . .

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