La révolte des « bouche-trous » de l’éducation nationale

L’académie de Toulouse a de plus en plus recours aux professeurs remplaçants pour pallier la pénurie de titulaires. Mal-payés et peu considérés, ces précaires de l'enseignement témoignent de leurs conditions de travail révoltantes.

Prof contractuelle
Rose enchaîne les contrats de trois semaines depuis le mois de septembre 2021. / Photo : Sophie Plumevère

«Bouche-trous », « sous-fifres », voilà comment les profs remplaçants de l’Éducation nationale se décrivent eux-mêmes. Rose*, 34 ans, enseigne l’espagnol en tant que contractuelle depuis trois ans dans l’académie de Toulouse. Les premières années, ses contrats lui permettaient de rester toute l’année scolaire dans l’établissement où elle était affectée, mais depuis septembre, sa situation s’est dégradée. « J’enchaîne les contrats de trois semaines, décrit-elle. Je suis appelée la veille pour le lendemain. Je ne reconnais même pas les élèves dans les couloirs, je n’apprends pas leurs prénoms.  J’ai la sensation de faire de la garderie. »      

Notre survie dépend de vous

Un journalisme local indépendant, sans publicité, avec chaque semaine des enquêtes introuvables ailleurs : voilà ce que vous propose Mediacités. Aujourd’hui, plus de 5 300 abonnés soutiennent notre travail. Mais ce n’est pas suffisant : nous recherchons 2 000 abonnés d’ici la fin 2022 pour continuer à enquêter. En vous abonnant aujourd’hui, dès 3 euros par mois, vous pouvez faire la différence.
Je m’abonne

  • Accès aux 4 éditions de Mediacités (Lille, Lyon, Nantes et Toulouse)
  • 100 % indépendant, avec 0 % de publicité
  • Résiliation facile à tout moment

Publié le

Modifié le

Temps de lecture : 5 minutes

Par Alice Gleizes