Aéronautique : le groupe Daher se redresse, la souffrance de ses cadres perdure

Derrière l'exemplarité sociale affichée par le géant aéronautique, de nombreux cadres dénoncent une réalité très différente, faite de pressions injustifiées, de manque de reconnaissance et d'épuisement professionnel. Une situation antérieure aux difficultés dues à la crise sanitaire que le retour à l'équilibre économique de l'entreprise ne semble pas avoir changée.

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Confrontés au déni de leur hiérarchie, plusieurs cadres du groupe Daher alertent sur la souffrance au sein du groupe aéronautique. / Crédit photo Google Street.

Daher, c’est l’histoire d’une réussite familiale qui commence à Marseille à la fin du XIXe siècle. Paul Daher, homme d’affaires d’origine syrienne, fonde une entreprise de négoce qui emploie sept salariés. Un siècle et demi plus tard, le groupe qui porte encore son nom emploie 10 000 employés à travers le monde, dont 8 000 en France, à Toulouse, Tarbes et Nantes. Détenu à près de 90 % par les membres de la famille Daher, à travers la holding CoreDaher, le groupe est dirigé par Didier Kayat, qui a succédé à Patrick Daher en tant que PDG en 2016. Depuis cette date, l’arrière-petit-fils du fondateur préside le conseil d'administration du groupe. Malmenée pendant la crise aéronautique en 2020, la société affiche un chiffre d’affaires « supérieur à 1,1 milliard d’euros » en 2021. « En déroulant avec efficacité son plan de sortie de crise, Daher est revenu à l’équilibre opérationnel un an plus tôt que prévu », se félicitait l’entreprise dans un communiqué daté du 2 février 2022.

Ce succès, remarqué dans la presse économique, masque pourtant une souffrance généralisée au sein du groupe, notamment parmi ses cadres. Trois d’entre eux, employés actuellement sur le site toulousain de Daher, ont alerté Mediacités de manière anonyme (voir l'encadré En coulisses) sur la situation. « Elle était mauvaise avant le covid et s’est encore dégradée depuis dans tous les sites et tous les métiers du groupe. Les cas d'épuisements professionnels sont réguliers », témoigne Hélène*, l’une de ces lanceuses d’alerte.

Avec deux autres cadres souhaitant eux aussi rester anonymes, Hélène assure avoir tenté de sonner l’alarme. En vain  . . .

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Temps de lecture : 6 minutes

Par Etienne Merle