La passe d’armes a duré un petit quart d’heure, mais elle est bavarde. Le 10 mars 2023, lors d’une séance du conseil municipal de Toulouse (qu’on peut retrouver ici, à partir de 1h 01 min 50 s), plusieurs élus d’opposition demandent au maire de renommer le parvis de la médiathèque du Mirail, parvis Maurice Audin.
La demande est des plus légitimes. En 2018, Emmanuel Macron a reconnu la responsabilité de l’État dans la disparition de ce mathématicien militant communiste, engagé pour l’indépendance algérienne, arrêté, torturé puis tué par l’armée française à Alger en 1957.
Ce 10 mars 2023, cinq ans après cette reconnaissance officielle, à la différence d’autres villes françaises (Paris, Saint‐Étienne, Lyon, Saint‐Denis…) Toulouse n’a toujours pas de place, de rue ou d’espace honorant la mémoire de Maurice Audin. Pourtant, Jean‐Luc Moudenc adresse une fin de non‐recevoir à la demande.
Le maire condamne l’initiative du 25 février précédent, durant laquelle une plaque symbolique a été dévoilée sur le parvis par des associations et des forces politiques de gauche. Décelant dans ce « simulacre de baptême » une forme de « pression » exercée sur la municipalité, il refuse : pas de place Maurice Audin à Toulouse tant qu’il sera maire.
Ce jour‐là, ce sont les propos de son adjoint Jean‐Michel Lattes qui éclairent le mieux la séquence. Interrogé par Pierre Lacaze (PCF) pour savoir qui presse la mairie de ne pas rendre hommage au militant communiste, il répond sans tortiller : « C’est essentiellement la communauté Pieds‐noirs (…) des gens qui …