Mouvement lycéen : face à la vétusté des établissements, « on s’en tient souvent à des cache‐misères »

Entre autres griefs, la vétusté des établissements alimente la colère des lycéens. En 2023, des conseillers régionaux d’opposition avaient mené une vaste opération pour documenter l’état réel des lycées d'Auvergne-Rhône-Alpes. L’écologiste Maxime Meyer revient sur ces enseignements et l’écho qu’ils rencontrent dans la mobilisation actuelle.

Devant le lycée Ampère, sur la presqu'île de Lyon, ce mardi 6 octobre. Photo : Antoine Boureau/Relief.

Avec le manque d’enseignants, les classes surchargées, les emplois du temps chaotiques et la plateforme Parcoursup, c’est l’autre carburant de la contestation lycéenne : la vétusté des établissements. Salles de cours invivables en période de canicule, toilettes hors service, rats dans certains internats… Sur les pancartes des cortèges et dans les récits des manifestants reviennent les mêmes témoignages. En France, selon les statistiques du ministère de l’Education, cités par Le Monde, l’âge moyen des lycées s’élève à 61 ans. Et seuls 15 % des « bahuts » ont été construits ou rénovés depuis 2015.

La charge de leur entretien revient aux conseils régionaux. En Auvergne‐Rhône‐Alpes, la collectivité compte en tout 265 lycées publics d’enseignement général et technologique, professionnels ou polyvalents, selon les chiffres 2024 des académies du territoire. Dans quel état sont‐ils ? « Plus aucun lycée de la région n’est classé en très mauvais état », assurait, à la rentrée 2022, Florence Dubessy, la vice‐présidente de la majorité de Laurent Wauquiez chargée de la question.

Vraiment ? En 2023, quatre groupes de conseiller régionaux d’opposition – les écologistes, les socialistes, les communistes et les radicaux de gauche – ont voulu en avoir le cœur net. A travers une initiative baptisée « Mission lycées », ces élus ont mené un vaste sondage auprès d’élèves dans les douze départements d’Auvergne-Rhône-Alpes, d’enseignants et d’agents qui travaillent dans les établissements. Si la démarche est bien entendu politique, son ampleur – plus de 5700 personnes y ont participé, dont 70 % de lycéens – a permis de dresser un bilan assez complet et inédit de l’état réel des bâtiments, agrémenté parfois de visites effectuées par les opposants.

Trois ans plus tard, leur rapport

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Temps de lecture : 7 minutes

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Par Nicolas Barriquand