« Gérard Lopez incarne l’actuelle financiarisation du football »

De quoi le projet de Gérard Lopez est-il le nom ? Sociologue à l'université de Caen, Ludovic Lestrelin restitue les transformations du foot-business dans ses enjeux sociaux, urbains et politiques. De quoi permettre de mieux appréhender les conséquences du rachat du Losc par cet homme d'affaires.

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Pour Ludovic Lestrelin, si le Losc connaît la faillite ou la relégation, le stade Pierre-Mauroy risque de devenir un “éléphant blanc” (Wikimedia Commons/ Liondartois).

Etes-vous surpris par l'arrivée de Gérard Lopez à la tête du club de football de Lille ?

Pas vraiment. En s’affranchissant si facilement des frontières nationales, Gérard Lopez incarne parfaitement l’actuelle « financiarisation » du football professionnel. Sous l’effet notamment de la circulation internationale des capitaux, plusieurs clubs français sont récemment passés sous la coupe d’investisseurs étrangers. Je m'interroge néanmoins sur les logiques de ces nouveaux propriétaires, qui demeurent constamment floues.

N’est-il pas possible, malgré tout, de deviner le projet sportif et commercial qu’envisage ce sulfureux homme d’affaires pour le Losc ?

Nous pouvons supposer que le Losc de Victory Soccer Limited s’inspirera de la stratégie pratiquée jusqu’à peu par l’AS Monaco : le trading de joueurs. Autrement dit, miser sur la progression de footballeurs pour réaliser de fortes plus-values financières à leur revente. Parallèlement, Marc Ingla, son bras droit, poursuivra la stratégie de diversification des ressources du club entamée par Michel Seydoux.

Comment s’y prendra-t-il pour doper la puissance financière du Losc ?

Afin de développer le merchandising, le club lillois ne se contentera plus de communiquer sur la scène régionale ou nationale, mais bien internationale. Peut-être participera-t-il, pour cela, à des tournées « hors-sol » d’exhibition, de promotion d’avant-saison. Toujours dans l’optique d’accroître ses recettes d’exploitation, je ne serai pas surpris, non plus, que le LOSC cherche à se[annexe . . .

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Temps de lecture : 5 minutes

Par Adrien Disson