Une lanceuse d’alerte nantaise en guerre contre le Quai d’Orsay

Fonctionnaire des Affaires Étrangères, Françoise Nicolas est en poste au Bénin lorsqu'elle dénonce des malversations et détournements de fonds auprès de sa hiérarchie. Alors qu'on lui oppose la raison d’État, elle est victime de harcèlement et de violence puis renvoyée en France. Engagée depuis dans une longue guérilla judiciaire, elle vient d'obtenir une première victoire.

Quai d’Orsay
Le ministère des Affaires étrangères à Paris / Photo: Creative Commons – Jebulon

Passée inaperçue, la décision est définitive depuis le 11 mars dernier. La cour administrative d'appel de Nantes a donné raison à Françoise Nicolas, une diplomate qui s'était vu opposer la raison d’État par sa propre administration pour ne pas lui payer ses frais de justice. Une première victoire pour cette Nantaise de 56 ans, qui revendique un rôle de « lanceur d'alerte » depuis son passage à l'ambassade de France à Cotonou, au Bénin, entre 2008 et 2010. Rencontrée au lendemain de cette décision dans un café du quartier Bouffay où elle réside, l’ancienne secrétaire de chancellerie raconte avoir mis au jour un « détournement des crédits de l’État » par le biais d'un « système de facturation occulte » au sein de l’Ambassade de France. Selon elle, une partie des fonds de cette dernière aurait été régulièrement détournée, via un système de dossiers fictifs. « Une bourse d'études pouvait être attribuée depuis sept ans sans justificatif, alors que le maximum est normalement de trois ans », cite-t-elle en exemple.

Refusant de cautionner « un système de créations de dépenses fictives imputées sur un budget dont (elle était) responsable », Françoise Nicolas est alors renvoyée une première fois en France pour motif médical. Un prétexte « mensonger », selon elle. « On me collait l'étiquette de suicidaire, on disait que je mélangeais alcool et médicaments… C'était infâme », s'exaspère-t-elle encore aujourd'hui. Pour pouvoir revenir au Bénin, la fonctionnaire saisit (déjà) la . . .

Notre survie dépend de vous

Un journalisme local indépendant, sans publicité, avec chaque semaine des enquêtes introuvables ailleurs : voilà ce que vous propose Mediacités. Aujourd’hui, plus de 5 300 abonnés soutiennent notre travail. Mais ce n’est pas suffisant : nous recherchons 2 000 abonnés d’ici la fin 2022 pour continuer à enquêter. En vous abonnant aujourd’hui, dès 3 euros par mois, vous pouvez faire la différence.
Je m’abonne

  • Accès aux 4 éditions de Mediacités (Lille, Lyon, Nantes et Toulouse)
  • 100 % indépendant, avec 0 % de publicité
  • Résiliation facile à tout moment

Publié le

Modifié le

Temps de lecture : 5 minutes

Par Guillaume Frouin (PressPepper)