Pour une présidente d’association d’entraide et de défense des droits des personnes en situation de handicap ou maladies invalidantes, elle-même en fauteuil roulant, ce n’est pas banal. Le 6 décembre, Odile Maurin, fondatrice d’Handi-Social, devra répondre de quatre chefs d’accusation devant le tribunal correctionnel de Toulouse : violences volontaires sur un agent dépositaire de l’autorité publique avec usage d’une arme par destination, entrave à la circulation d’un véhicule de secours, outrages et provocation à la commission d’atteintes volontaires à l’intégrité d’un commissaire. Les faits qui lui sont reprochés remontent au 30 mars 2019, lors de l’acte XX des Gilets Jaunes. Et l’arme n’est autre que… son fauteuil roulant électrique.  

« Ce procès est une tentative d’intimidation », estime l'intéressée qui a porté plainte, de son côté, pour la quintuple fracture au pied subie ce jour-là. « J’ai été gazée et arrosée sans sommation audible, donc j’ai décidé de bloquer le canon à eau. Je les ai avertis du danger qu’il y avait à toucher mon fauteuil. Ils l’ont tiré et ont manipulé le joystick », poursuit la militante de 55 ans. Très remontée, elle a refusé de se rendre en garde à vue dans des locaux non adaptés, puis a diffusé sur les réseaux sociaux la photo de « la gazeuse en chef ». Comprendre : de la commissaire qui avait donné les ordres.

« Odile Maurin, c’est la plaie d’Égypte »

« Donner des noms de policiers sur les réseaux sociaux est irresponsable, vu à quel point nous sommes exposés, s'insurge David Leyraud, secrétaire régional adjoint du syndicat Alliance Police. Quand il y a un événement violent, qui nécessite une riposte ou l’usage de la force, c’est embêtant d’avoir un fauteuil qui s’interpose. » « Odile Maurin, c’est la plaie d’Égypte », chuchote un magistrat du Palais de justice de Toulouse. « Son ton direct peut énerver, mais elle est légitime et pacifique», juge l’avocate Claire Dujardin, membre de l’Observatoire toulousain des pratiques policières et candidate, comme elle, sur la liste Archipel Citoyen.

En quelques mois, Odile Maurin, est devenue une figure des Gilets jaunes à Toulouse. La militante toulousaine est même mentionnée dans les comptes rendus de manifestation réalis . . .

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