Pendant le confinement, le photographe toulousain Frédéric Scheiber est allé à la rencontre de celles et ceux qui n’ont pas pu ou n’ont pas voulu rester confiner. « En premières lignes » face au coronavirus, pour faire appliquer les règles du confinement ou pour permettre à la société de fonctionner, ces femmes et ces hommes ont continué leur travail. Cette série photographique leur rend hommage et relate comment ils ont perçu cette période si inédite.

François-Xavier, bénévole

Comme d’autres bénévoles, François-Xavier n’a pu se résoudre à suspendre son engagement pour le Secours catholique pendant le confinement. « Voir les gens en souffrance, cela me révolte et je ne veux pas en rester là, explique cet ancien visiteur de prison. Après la mise en place du confinement, j’ai pensé que l’on ne pouvait pas s’arrêter, parce les gens à la rue, eux, continuent de vivre. J’en ai parlé à mon épouse et j’ai décidé que le risque encouru était moindre que l’intérêt de continuer à s’occuper de nos missions. » Chaque semaine, François-Xavier a participé à des maraudes dans les rues toulousaines, et à des distributions de petits déjeuners et de paniers alimentaires.

« Les gens étaient plus impatients de nous voir et plus compréhensifs, car on ne pouvait plus distribuer de cafés ou de soupe, raconte-t-il. Ils étaient touchants dans leurs remerciements car finalement nous étions les rares personnes à les croiser. » Ce banquier à la retraite et bénévole aguerri a pu rencontrer « un nouveau public de travailleurs précaires et des personnes qui se retrouvaient coincées durant le confinement » qu’il a fallu écouter et rassurer. « L’important pour moi, ce sont les jeunes qui pourraient être mes enfants ou petits-enfants. Ils peuvent faire peur, mais quand on leur donne un sourire, un petit geste, une parole et encore mieux une écoute, on découvre toute l'humanité et la générosité qu'il y a en eux. On en ressort grandi, et eux aussi! »
Andrew Nguyen, coordinateur associatif

Suspendre toutes les activités du Secours catholique au début du confinement ? « Un vrai crève-cœur » pour Andrew Nguyen, le coordinateur du pôle errance de l’association à Toulouse. « Je n'osais pas imaginer l'impact que le confinement allait générer sur cette frange de la population qui ne touche pas le RSA et qui vit de la manche, témoigne-t-il. Fermer les petits-déjeuners fraternels ainsi que l'accueil de jour m'était insupportables. »

Alors l’association s’est retroussée les manches. « Il a fallu parer au plus pressé, à savoir l’aide alimentaire d’urgence, même si le Secours catholique a plus pour vocation l’accompagnement, que le distributif, raconte-t-il. Cela impliquait une nouvelle organisation avec de nouvelles façons de travailler. Non sans mal, nous y sommes arrivés. Cet investissement de tous les jours illustre l’adage "la charité n'a pas d'heure" et me permet de mesurer la vraie valeur de ma mission au sein du . . .

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