Nous, nous savons bien quel jour nous sommes : nous sommes lundi, nous sommes vendredi... Lui n'en sait plus rien. Il faut déplier un à un les doigts de la main pour lui indiquer qu'il pourra rencontrer un médecin dans quatre jours. Pour cet exilé, et beaucoup de ses camarades réfugiés dans les bosquets du Puythouck à Grande-Synthe, le présent n'est qu'attente ; aujourd'hui n'est qu'un avant. Avant la tentative, avant le passage en Angleterre, avant la vraie vie rêvée. S'en souviendront-ils quand ils seront établis au Royaume-Uni, ou qu'ils seront retournés au pays ? Mieux ne vaudrait pas. Mieux vaudrait qu'ils oublient le sinistre sort que leur a réservé la France pendant la semaine, le mois, voire l'année qu'ils ont passé sur son sol.

Deux à trois cents exilés séjournent dans cette commune proche de Dunkerque. Le turn-over est important mais le nombre est constant. La grande majorité vient du Kurdistan irakien ; quelques-uns sont Afghans, Iraniens, Egyptiens, Pakistanais, Vietnamiens. Ils sont exposés à une doctrine administrative dévastatrice : le « zéro point de fixation ». Pour les autorités françaises, aucune installation durable ne saurait être tolérée. Les migrants sont donc harcelés, au rythme d'une ou deux interventions policières par semaine.
Eviter une réimplantation à tout prix
Il y en a eu deux par exemple, les vendredis 12 et 19 mars, dans l'espace naturel municipal du Puythouck (et 80 recensées l'an dernier dans le Dunkerquois). Les forces de l'ordre arrivent tôt le matin et contraignent les . . .

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