"Hôtel fermé ». La pancarte suspendue au portail de l'Ibis de Gerland est trompeuse. Sur le parking, transformé en cour de récréation, quelques jouets abandonnés témoignent de la présence de nombreux enfants dans cet établissement situé en bordure du périphérique lyonnais. Ce dimanche 31 mai, quelques résidents profitent de la douceur printanière à l’ombre du bâtiment. Un peu plus loin, du linge sèche sur la palissade tandis qu'un groupe de femmes improvise un atelier de tresses africaines.

Depuis le 30 mars, deux semaines après le début du confinement, des familles sans-abri de l’agglomération lyonnaise ont trouvé refuge à l’Ibis de Gerland. L’hôtel est loué par l’État dans le cadre d’un accord avec le groupe Accor. La mesure fait partie de l’effort sans précédent des pouvoirs publics pour héberger les SDF du Grand Lyon face à la pandémie du coronavirus [lire par ailleurs notre enquête : « Sans‐abri de Lyon : la parenthèse du confinement peut‐elle perdurer ? »]. Originaires d’Europe de l’Est, du Maghreb ou encore d’Afrique subsaharienne, ils sont environ 130 à vivre là.

« Vous savez ce qu'on va faire de nous ? », lance une jeune Albanaise, assise depuis plusieurs heures au « salon de coiffure africain ». « Ils vont nous mettre dans un endroit où on pourra se faire à manger », prophétise sa voisine mahoraise, qui espère échapper à la monotonie des plats en barquette livrés tous les jours. Pour l’instant, il est prévu que l’hébergement provisoire redevienne un . . .

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