A Villeurbanne, les salariés trahis par General Electric

Enième coup dur pour les salariés de General Electric : mercredi 28 octobre, ils étaient plus de 150 à faire grève pour dénoncer un large plan de licenciement qui devrait toucher 285 des 459 postes du site villeurbannais.

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Manifestation des salariés de General Electric, le 28 octobre. Photo : K.Zerouali/Mediapart.

Vêtus de casquettes estampillées General Electric, les grévistes du site Grid Solutions de Villeurbanne sortent par petits groupes de l’usine pendant qu’une enceinte crache l’éternelle playlist de la CGT. Il est 11 heures, mercredi 28 octobre, quand débute la valse des intervenants au micro. Serge Paolozzi, délégué syndical CGT à Grid Solutions [branche de General Electric – ndlr] ouvre le bal : « Dans cette période complexe où le gouvernement prône la relocalisation en France des productions essentielles à la nation, le maintien des savoir-faire sur le territoire, l’indépendance énergétique, et la transition écologique, General Electric fait l’inverse… Si GE ne veut rien entendre, Macron doit prendre ses responsabilités et créer un pôle de l’énergie en France avec prise de participation de l’État. S’il le faut, nous irons à Bercy pour nous faire entendre ! »

Ce jour-là, ils sont au moins 150 sur 460 à faire grève, selon les syndicats. Selon le plan de sauvegarde de l’emploi (PSE, terme cynique désignant un large plan de licenciement) qui leur a été présenté en septembre, tous ceux présents ce jour-là devraient se faire licencier. Sur les 459 salariés que compte le site, la direction prévoit la suppression de 285 postes, dont 42 sont vacants et 48 sont ouverts au transfert dans d’autres usines. « Si on s’en sort bien, 200 salariés se retrouveront sur le carreau en 2021. Et sinon, ça sera 248, puisque beaucoup de salariés ne peuvent pas tout abandonner et déménager pour suivre le travail », souffle Serge Paolozzi. Le PSE prévoit que l’ensemble de la production soit délocalisée en Chine et en Italie.

André écoute d’une oreille distraite les discours des représentants syndicaux et des responsables politiques. Salarié de l’usine depuis 2012, d’abord quatre ans en tant qu’intérimaire puis en CDI depuis 2016, le trentenaire accuse sa direction de profiter de la crise sanitaire pour licencier. « Dans l’industrie, et ça va au-delà de GE, on a l’impression qu’ils se servent de la crise sanitaire et économique pour licencier et délocaliser. Les patrons et le gouvernement sont responsables de la désindustrialisation du pays ! »
Démantèlement méthodique
« Toute référence selon laquelle nos propositions de transformation actuelles ont un caractère opportuniste est totalement inexacte et infondée », se défend la direction de General Electric qui, auprès de Mediapart, précise : « GE Renewable Energy, comme beaucoup . . .

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Publié le

Temps de lecture : 7 minutes

Par Nicolas Barriquand