Maison squattée à Toulouse : derrière la polémique, la réalité de la grande précarité

Sexagénaire sans ressource ni retraite, intermittent sans travail ni indemnité, ouvrier précaire dans le BTP... Une dizaine de personnes en grande précarité s'était installées dans une maison abandonnée, qu'elles croyaient appartenir à Toulouse Métropole. Mediacités les a rencontrées avant qu'ils ne rendent la maison à sa propriétaire.

maison rue garonne
La maison occupée, rue de la Garonne, à Toulouse, a été rendue à sa propriétaire. / GC

Dans le sillage du titre de la droite radicale Valeurs Actuelles, la presse toulousaine - La Dépêche du Midi en tête - remet une pièce dans la machine pour dénoncer les occupations « sans droit ni titre ».

En début d'année, le quotidien régional a consacré quatre Une et 28 articles à « l'affaire Roland », du nom de cet octogénaire (et ancien employé de La Dépêche) dont la maison vide avait été réquisitionnée en septembre 2020 par une poignée de personnes sans logement. Arbitrant entre le droit à la propriété et le droit au logement, le tribunal correctionnel de Toulouse avait déclaré illégale cette occupation en octobre 2020, et fixé son expulsion à la fin de la trêve hivernale, en juin. Une durée insupportable pour l'octogénaire qui a pu outrepasser cette décision de justice au terme de cette campagne de presse. Trois mois plus tard, rebelote avec « l'affaire Monique ». Une nouvelle fois, le point de vue des occupants - certes illégaux - est totalement occulté, à l'inverse de celui d'un militant anti-squatLe dénommé Vin's Ken est abondamment cité par La Dépêche ou encore Le Figaro. A ce dernier, il indique avoir été informé de l'histoire par un membre de la famille des propriétaires, corroborant nos informations sur ce point.
D'après nos informations, la famille a demandé à Vin's Ken de ne pas intervenir, mais celui-ci a publié au moins un message et une vidéo particulièrement ordurière sur Facebook pour appeler à faire pression sur les occupants de la maison concern . . .

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Publié le

Temps de lecture : 6 minutes

Par Gael Cérez