Bidule_carre_512pxLaurent Wauquiez et Michelin, stratèges de l'EM Lyon

Les grandes manœuvres reprennent entre les écoles de commerce de la région. Le rapprochement entre l’EM Lyon et Grenoble EM – un serpent de mer, au point mort depuis plus d’un an – pourrait être relancé avec un troisième larron, l’ESC Clermont, et deux acteurs en coulisses : le groupe Michelin et…. Laurent Wauquiez, président de la région Auvergne-Rhône-Alpes. C’est la publication confidentielle La Lettre A qui révèle les tractations en cours. On connaissait le patron des Républicains professeur « apolitique » à l’EM Lyon, le voici donc également chargé de développement de l'école de commerce

Comme ailleurs en France, les Chambres de commerce et d’industrie (CCI) de la région se désengagent financièrement des écoles de commerce qui ouvrent leur capital à des intérêts privés. Nous avions enquêté sur cette révolution en cours à l’EM Lyon et ses conséquences, à l’occasion du portrait consacré au directeur de l’établissement Bernard Belletante. Le Clermontois Michelin, préoccupé par l’avenir de l’ESC de son fief, « serait prêt à sortir son carnet de chèques pour favoriser un rapprochement » des trois écoles, écrit La Lettre A. Et il aurait l’appui d’un autre Auvergnat, en la personne de Laurent Wauquiez. Garanti « sans bullshit »…

https://twitter.com/MediacitesLyon/status/963358379883290624


 Bidule_carre_512pxSurveillance : les grandes oreilles de Saint-Etienne

Bidule surveillanceOn n’arrête pas le progrès… Saint-Etienne va installer à partir de ce mois de mars une cinquantaine de micros dans les rues du quartier Tarentaize-Beaubrun-Couriot, par ailleurs déjà équipé en caméras de vidéosurveillance. Le but ? Détecter les « bruits suspects » – cris, coups de feu, bris de verre… –  et prévenir aussitôt les services de la police municipale. Le dispositif, une première en France selon le Parisien, réveille la crainte d’un Big Brother. Rassurez-vous Stéphanois !, avance-t-on du côté de la ville, les micros – pardon « les capteurs sonores » – sont « intelligents », capables de distinguer « les bruits anormaux » du reste, d’ailleurs la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) a donné son feu vert. Le système n’enregistrera pas les conversations, ni même ne les entendra, assure-t-on encore. Même si on parle très fort ?

Les bruits « captés » seront traités par une plateforme développée par l’entreprise Serenicity. Comme l'a découvert Mediacités, cette start-up, créée en 2018, est présidée par Guillaume Verney Carron, par ailleurs directeur général de l’historique fabricant d’armes de Saint-Etienne Verney Carron. Un connaisseur en matière de coups de feu…    


Bidule_carre_512pxL’attractivité lyonnaise à l’épreuve des chiffres

Le 22 février dernier, l’Observatoire des territoires (ODT ; organisme rattaché au ministère de la Cohésion des territoires) a publié son rapport annuel consacré aux mobilités résidentielles en France. Une étude passionnante qui « permet de dépasser certaines idées reçues », écrit en préambule le président de l’ODT Pierre Mirabaud, comme celle selon laquelle les Français déménageraient moins souvent que leurs voisins. C’est en réalité l’inverse : 11% d’entre eux changent de logement chaque année, soit 2 point de plus que la moyenne européenne. Le rapport souligne aussi l’accroissement des disparités entre les territoires, l’Ouest et le reste de la façade Atlantique attirant toujours plus de monde, au détriment du Nord et de l’Est. Sur le temps long – entre 1990 et 2014 –, la région Auvergne-Rhône-Alpes compte parmi celles qui présentent un solde migratoire positif. Avec 448 000 habitants de plus, elle se classe entre la Bretagne et Provence-Alpes-Côte d’Azur. Sans la mer !

Et Lyon dans tout cela ? Pour accompagner la publication de son rapport, l’ODT met à disposition un petit outil en ligne qui permet de visualiser la multitude de données compilées. En sélectionnant la métropole lyonnaise, on apprend – sans surprise – qu’elle figure parmi les territoires qui enregistrent « une forte hausse » de leur population ces dernières années (+1,12% entre 2010 et 2015, soit 74 510 personnes). Elle attire toutefois moins que Bordeaux (+1,4%), Nantes (1,42%) ou Toulouse (1,42%). Les départements de l’Ain et de l’Isère fournissent les bataillons de nouveaux habitants du Rhône les plus importants. Arrivent ensuite le département de la Loire et Paris [voir ci-dessous la carte de l’origine des arrivants dans le Rhône et la destination de ceux qui le quittent].

CarteODT-entrees RhoneCarteODT-sorties du Rhone

Autre enseignement du rapport de l’ODT, en Auvergne-Rhône-Alpes, comme dans la grande majorité des autres régions, la part des individus qui résident dans le département de leur naissance diminue sensiblement. Il était de 51% en 2014 contre 64% en 1968. Signe que la mobilité des Français s’est accrue au fil des générations.


 Bidule_carre_512pxIncendie mortel route de Vienne : deux complices présumés en détention

L’enquête se poursuit suite à l’incendie présumé criminel, le 9 février dernier, d’une boulangerie route de Vienne, dans le 8e arrondissement de Lyon. Une femme, Clara Mocquot, et sa fille de 4 ans, Anna, ont péri dans le drame. Mediacités vous avait raconté le contexte dans lequel les événements se sont déroulés dans ce quartier du Grand Trou, marqué par un sentiment d’abandon des pouvoirs publics. Ce lundi, Le Progrès nous apprend que deux hommes, soupçonnés de complicité, ont été mis en examen et placés en détention provisoire. Il s’agit de proches du principal suspect de l’explosion qui a dévasté la boulangerie avant d’incendier l’immeuble – cet homme d’une cinquantaine d’année serait toujours en fuite. Incarcéré à Corbas depuis le 15 février, l’un d’eux « crie à l’injustice », selon le quotidien, et fait la grève de la faim. La direction interrégionale de la police judiciaire saisie de l’enquête travaille sur la piste d’un acte visant le commerce du 125, route de Vienne.


 Bidule_carre_512pxGivors : Martial Passi bientôt fixé sur son sort

L’ancien maire (PCF) de Givors sera-t-il remis en selle à un an des élections municipales ? Martial Passi comparaissait la semaine dernière devant la Cour d’appel de Lyon pour contester sa condamnation pour prise illégale d’intérêts. En juillet dernier, il avait été condamné à six mois de prison avec sursis, 10 000 euros d’amende et trois ans d’inéligibilité pour avoir recruté sa sœur, qui était aussi sa directrice de cabinet, au poste de directrice générale des services (DGS) de la commune du sud de Lyon.

« Je n’ai pas recruté ma sœur, mais une fonctionnaire de grand talent », avait estimé Martial Passi en première instance le 16 juin. Mercredi 27 février, devant les magistrats, l’ex-vice-président de la Métropole a campé sur ses positions, en rappelant le contexte de forte tensions budgétaires et de conflit avec son ancien DGS, pour justifier un besoin urgent de recruter une personne de confiance. Son argumentaire n’a manifestement pas convaincu l’avocat général de la Cour d’appel, qui a dénoncé « une perte de repères » et « une logique de toute puissance », comme le rapporte Le Progrès. La décision sera connue le 11 avril.

Une condamnation sonnerait la fin de la carrière politique de Martial Passi, maire de Givors de 1993 à 2017, resté conseiller municipal après sa démission. Un coup dur politique doublé d’un lourd coût économique : en décembre, le tribunal administratif de Lyon a annulé la prise en charge de ses frais d’avocat par la commune de Givors, comme le réclamait l’opposition. Soit près de 20 000 euros que l’ancien maire va devoir payer de sa poche.

https://www.mediacites.fr/lyon/enquete-lyon/2017/06/13/les-doubles-facturations-du-maire-de-givors/


 Bidule_carre_512pxTrop de viande dans les cantines lyonnaises ?

Dans la capitale de la tripaille et des andouillettes, suggérer une diminution de la consommation de viande est une gageure. Selon un classement de Greenpeace Lyon, la plupart des cantines scolaires du Grand Lyon servent encore trop de viande aux enfants des écoles élémentaires et souvent moins d’un repas végétarien par semaine, quand l’association en réclame au moins deux. Si Grigny, Pierre-Bénite et Chaponost ont déjà mis des légumes dans leur steak-frite, avec un menu végétarien ou trois options végétariennes par semaine, d’autres communes restent très attachées à la barbaque de la cantoche. A commencer par les plus grandes comme Lyon, Villeurbanne ou Vénissieux. Pour la ville de Bron, c’est même le carton rouge - saignant - du fait de la rareté des menus sans protéines animales.

L’objectif de deux repas végétariens par semaine a pourtant été atteint par le voisin grenoblois, souligne l’association, preuve que la mesure est possible pour les grandes agglomérations. « L’élevage est responsable de 14,5 % des émissions de gaz a effet de serre, autant que le secteur des transports », rappelle l’ONG, qui insiste aussi sur l’impact sanitaire d’une consommation moins carnée. « On sait qu’entre deux et six fois trop de protéines sont aujourd'hui servies aux enfants par rapport aux recommandations de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses) », pointe-t-elle. 


 Bidule_carre_512pxPost-scriptum : l’aéroport Saint-Exupéry répond et s’engage

Bidule avionMieux vaut tard que jamais ! Mercredi 27 février dernier, nous publiions une enquête sur une drôle de pollution constatée au nord de l’aéroport Saint-Exupéry. Des riverains observent régulièrement des tâches huileuses qui ressemblent fort à du kérosène tombé du ciel, étude scientifique à l’appui [comment ça vous n’avez lu cet article ? Séance de rattrapage en cliquant ici]. Quelques heures après la publication de l'enquête en question, Mediacités a reçu un appel des services d’Aéroports de Lyon, l’exploitant de Saint-Exupéry, que nous avions bien entendu sollicité auparavant (sans succès).

Après avoir mis en doute l’origine de la pollution (« Il n’y a pas de marqueur spécifique de la combustion du kérozène »), la communication de l’entreprise nous annonce que la décision a été prise de commander une contre-expertise. « Pour être sûr qu’on parle de la même chose, l’expertise reprendra la même méthodologie que le laboratoire choisi par l’Acenas [l’association qui a fédéré les riverains impactés et alerté les autorités], s’engage notre interlocutrice. Elle sera présentée en juin. » Rendez-vous est pris. « Cette étude, ils avaient dit qu’ils la feraient l’année dernière et ils ne l’ont pas faite », commente la présidente de l’Acenas Evelyne Laverazzi. A suivre donc.

https://www.mediacites.fr/lyon/enquete-lyon/2019/02/27/pollution-comme-une-petite-pluie-de-kerozene-autour-de-laeroport-de-lyon/