Hébergement d’urgence : une grève pour dénoncer le « durcissement des critères »
« Nous ne compterons pas les morts cet hiver. » Les professionnels lyonnais de l’urgence sociale seront en grève, ce jeudi 28 novembre, à l’appel du collectif Hébergement en danger. Ils dénoncent la refonte récente du dispositif d’hébergement menée par la préfecture du Rhône. Elle signe, selon eux, un « durcissement des critères » qui privera des sans-abris, notamment sans-papiers, d’un accueil inconditionnel et continu pourtant prévu par la loi. Les nouveaux critères d’attribution excluront, s'alarment-ils, les enfants sans-papiers âgés de plus d’un an ou les femmes enceintes de moins de six mois, qui ne seront plus prioritaires.

Dans le détail, le département du Rhône compte aujourd’hui 1 750 places dites « d’insertion », attribuées selon certains critères et réservés aux personnes en situation régulière, et 3 500 places dites « d’urgence » ou de « mise à l’abri », accessibles à tous sans conditions. Un dispositif déjà largement saturé, faute d’un nombre de places suffisant. La préfecture souhaite le réorganiser en transformant près de 2 000 places d’urgence en places d’insertion. Cette nouvelle orientation a été annoncée oralement, ces derniers mois, par les services de l’Etat aux différents acteurs lyonnais du secteur.

Pour la préfecture, l’objectif premier de cette refonte est de fluidifier le dispositif, partant du principe que « beaucoup de gens rentrent dans le dispositif d’urgence sans en ressortir », explique la préfecture à 20 Minutes, qui consacre un article complet au sujet. « On ne va rien fluidifier. On nous demande purement et simplement de faire du tri. Cela veut dire, selon la préfecture, qu’un enfant de deux ans est assez grand pour vivre dans la rue, c’est aberrant », s’indigne un travailleur social interrogé par le journal.

Ces dernières semaines, les professionnels de l’urgence sociale ont écrit au préfet du Rhône Pascal Mailhos pour lui demander des éclaircissements. La Fédération nationale des Samu sociaux a également interpellé, le 18 novembre, le ministre du Logement Julien Denormandie pour lui faire part de ses « inquiétudes » au sujet de la « situation préoccupante du département du . . .

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