Bidule_carre_512pxUn an après nos révélations, ouverture d'une enquête pour fraude fiscale présumée contre Kita

Mardi soir, les quotidiens 20 minutes et L’Équipe annonçaient que des perquisitions du Parquet national financier (PNF) avaient eu lieu dans la journée dans les locaux du FC Nantes, à Nantes et à Paris. Le cadre ? Une enquête pour fraude fiscale présumée lancée contre Waldemar Kita, président-propriétaire du club depuis 2007. Joint par Mediacités, le PNF précise avoir « ouvert une enquête suite à un signalement et une plainte de la DGFIP (Direction générale des finances publiques), ce qui est indispensable [à cause du fameux "verrou de Bercy", ndlr]. »

En portant plainte l’administration fiscale ouvre ainsi une procédure administrative pour récupérer des sommes dues à l’État, plus d’éventuelles pénalités. Une procédure pénale peut y être ajointe. « Nous enquêtons sur la situation fiscale personnelle de Monsieur Kita. Nous avons perquisitionné ses locaux personnels et aussi professionnels, c’est-à-dire le FC Nantes à Nantes et sa société à Paris [les Laboratoires Vivacy, ndlr] », précise le PNF pour l’instant. Il y a un an tout juste, Mediacités s’était plongé dans les troubles montages de l’homme d’affaires franco-polonais : sa domiciliation officielle en Belgique ainsi que celle de la holding qui détient le FC Nantes (Flava Groupe). Nous révélions aussi l’existence d’une juteuse holding luxembourgeoise, liée à ses activités dans la médecine esthétique. Un agent du fisc qui suit le dossier Kita de près nous confiait alors : « Je suis étonné que rien de plus n’ait été fait sur ce dossier à Paris depuis tout ce temps. » Ce n’est plus le cas.

En attendant les résultats des investigations du PNF, restent néanmoins plusieurs questions. Lors du prochain conseil métropolitain, les élus devaient voter définitivement la vente des terrains permettant la construction d'un nouveau stade à côté de La Beaujoire. Peuvent-ils décemment les céder au FC Nantes et à son propriétaire tant que celui-ci est visé par une telle enquête ? Waldemar Kita aura-t-il même toujours la possibilité - ou l'envie - de s'en porter acquéreur une fois la procédure menée à son terme ? Et, plus globalement, pourquoi Johanna Rolland et sa majorité se sont-ils accrochés à cette opération controversé menée par un personnage qui l’est tout autant, après l’abandon du projet initial ? Le Parquet national financier vient peut-être de les débarrasser de cet embarrassant sparadrap qu'ils se sont collés à la peau depuis un an et demi.

https://www.mediacites.fr/nantes/dossier/waldemar-kita-et-le-fc-nantes/

 


Bidule_carre_512pxLa satisfaction de Pascal Bolo

En voilà un qui ne boude pas son plaisir. Interrogé par Le Parisien à propos de l’ouverture du nouveau MIN de Nantes, Pascal Bolo fait dans l’emphatique : « Je ne dirai plus que c’est le deuxième marché d’intérêt national de France, je ne dirai plus que c’est le plus moderne, désormais, je dirai que c’est le plus beau du monde ! » Rien que ça.
La beauté restant un critère subjectif, nous n’avons pas cherché à vérifier la dernière affirmation du premier adjoint (PS) de Johanna Rolland et président de l’institution. Sur les deux autres, en revanche, nous pouvons lui donner raison. Le marché de gros nantais étant le dernier (il ne sera même totalement opérationnel que fin février) à avoir ouvert ses portes dans l’Hexagone, il obtient donc sans difficulté la palme de la modernité.

Restait la question de la taille. Avec ses 70 000 mètres carrés de bâtiments sur 54 hectares de terrain, cet équipement de tous les superlatifs passe en effet devant celui de Nice - Côte d’Azur (50 000 m2 sur 23 hectares) qui revendique pourtant encore sur son site le titre de dauphin de Rungis. Il faudra que Pascal Bolo en touche un mot à Christian Estrosi, le patron de la métropole niçoise. Demeure également un point sur lequel le grand argentier de la métropole ne s’étend pas dans l’article du Parisien : le coût. Au total, les huit ans de chantier et le déménagement ont représenté un investissement d’environ 150 millions, essentiellement financés par la Métropole (l’Etat a mis un peu moins de 10 millions). Mais il est vrai que comparé au milliard que coûtera le déménagement du CHU sur l’ancien site du MIN, sur l’île de Nantes, ce n’est vraiment pas grand-chose.


 
https://www.mediacites.fr/nantes/enquete-nantes/2018/11/01/pascal-bolo-lhomme-cle-de-la-metropole-nantaise/
 


Bidule_carre_512pxQuel espoir pour Laurence Garnier ?

« L’opposant de droite qui gagne face à un maire de gauche sortant, dans un fief de gauche, c’est très rare. Alors que l’inverse arrive plus souvent ». Espérons pour Laurence Garnier, qu’elle n’ait pas assisté à la conférence donné le 28 janvier, tour de Bretagne, par le politologue Martial Foucault. Sinon, la cheffe de file de l’opposition de droite et probable future adversaire de Johanna Rolland à l’élection municipale de 2020, aura de quoi déprimer. Interrogé dans le cadre des Questions publiques organisées par le Conseil de développement et la revue Place Publique, le directeur du Cevipof (Centre d'études de la vie politique française) présentait le fruit de ses dernières recherches sur les "villes de gauche, et villes de droite". Un entretien à retrouver dans la longueur ici :
 


 


Bidule_carre_512pxLa Loire-Atlantique championne de France des ronds-points

Automobilistes, si vous en avez assez de tourner en rond derrière votre volant, plaignez-vous auprès de Jean-Marc Ayrault ! C’est en effet à l’ancien député-maire de Nantes que la Loire-Atlantique et sa métropole devraient la multiplication des ronds-points ces trente dernières années, explique un article de France Bleu Loire-Océan publié mardi 19 février. Au retour d’un voyage en Angleterre où il cherchait une solution pour fluidifier le trafic et limiter le nombre d’accidents, il aurait ainsi réussi à convaincre la Direction départementale de l’équipement de passer à la mode du giratoire.

La force de persuasion de l’ancien Premier ministre devait alors être sans limites puisque le département en dispose aujourd’hui de 3075 ! Ce qui le place en tête du classement des départements français établi par le blog cartographique Beyond the maps, devant la Haute-Garonne et la Gironde. Une suprématie que lui ravit d’ailleurs le voisin vendéen, une fois ce nombre divisé par celui des habitants (2,43 ronds-points pour 1000 habitants contre 2,25 ‰ en Loire-Atlantique).

nombre_rondpoints_2018

A Mediacités, le rapport à la population ne nous paraissant pas forcément le plus pertinent, nous nous sommes amusés à rapporter le nombre de carrefours giratoires au nombre de kilomètres de routes (hors autoroutes). A ce petit jeu on apprend qu’avec ses 65 127 ronds points, la France en compte un tous les 16,3 kilomètres, loin devant ses voisins européens. Ou encore qu’avec un rond-point tous les 5,9 kilomètres, la Loire-Atlantique se retrouve reléguée au cinquième rang français. Mais derrière quatre départements d’Ile-de-France où la densité du réseau routier est bien plus importante. L’honneur est sauf.

 


Bidule_carre_512pxL'abandon de YelloPark, « victoire du conservatisme ambiant »

C'est Yoann Joubert qui le dit. Quatre mois après la décision de la Métropole d'abandonner le projet YelloPark initial, qui mêlait la construction d'un nouveau quartier à celle d'un stade neuf pour le FC Nantes, le patron du groupe immobilier Realités, revient, dans une longue et intéressante interview accordée à Presse-Océan, sur les raisons de « son échec ». Et explique, en substance, que... ce n'est pas franchement de sa faute. Début septembre, son projet « n'a(vait) jamais été aussi bon », au point même d'être « surfinancé ».

Qui est responsable, alors ? Pêle-mêle, Yoann Joubert cite l'approche des municipales, qui aurait refroidi les politiques, Johanna Rolland en tête ; la hausse des droits TV du football, qui rendait l'appui de son groupe moins indispensable au FC Nantes ; la Commission nationale du débat public (CNDP), cette « gigantesque machine à détruire les grands projets en France » ; et donc... le « conservatisme ambiant ». « Aéroport, YelloPark, CHU... Que va-t-on faire désormais à Nantes, s'interroge-t-il. Je m'inquiète positivement pour cette ville qui est sans s'en rendre compte dans une situation de statu-quo ».

https://www.mediacites.fr/nantes/decryptage-nantes/2018/11/15/yellopark-une-decision-surprise-et-une-myriade-de-questions/

 


Bidule_carre_512pxCiel mitigé pour les Pays de la Loire au "Baromètre des territoires"

Paris contre régions, métropoles contre zones périurbaines, urbains contre ruraux… C’est le portrait d’une France divisée par de profondes fractures que dressent l’institut de sondage Elabe et l’Institut Montaigne (think-tank plutôt libéral) dans leur "Baromètre des territoires" publié pour la première fois vendredi. Le titre de cette étude inédite (120 questions posées par Internet à 10 010 Français – méthode des quotas appliqués par région) est d’ailleurs sans équivoque : « La France en morceaux ». Un morcellement qui semblent pourtant moins devoir à la géographie qu’aux conditions socio-économiques : « les fractures sociales sont plus déterminantes que les fractures territoriales pour comprendre les parcours de vie des Français », explique ainsi Bernard Sananès, le directeur d’Elabe, en introduction du rapport.

Parmi les nombreux résultats, on en découvre un, qui semble aller plutôt à rebours des idées reçues : 78 % des répondants seraient attachés à la France, contre 58 % à leur région, 53 % à leur département et 52 % à leur commune. L’effet de « proximité » longtemps vanté par les sondeurs aurait-il vécu ? En appelant, dans une tribune publiée mercredi 20 février dans Ouest-France, à « un véritable nouvel acte de la décentralisation », Philippe Grosvalet (président du conseil départemental de Loire-Atlantique) ferait-il fausse route ?

L’enquête n’apporte pas de réponses mais dresse quatre profils de Français (les « affranchis », les « enracinés », les « assignés » et les « sur le fil »), définis en fonction du rapport « subi ou choisi » avec leur territoire et la mobilité sociale, rapporte le site de France Info. Les plus favorisés et les plus heureux seraient les « affranchis », capables de réaliser leurs projets de vie sans se soucier des contraintes territoriales et sociales et disposant « des moyens socioculturels de surmonter les obstacles (…) et de tirer parti des évolutions de notre société ». Ils seraient 24 % en Pays de la Loire, loin derrière les « sur le fil » (34 %), soit ces Français vivant « une forte tension entre leur aspiration à la mobilité sociale et territoriale d’une part, et une difficulté à s’affranchir de leur situation socio-économique et des inégalités territoriales d’autre part. »

Carte baromètre
Sources : Elabe / Institut Montaigne - Infographie France Info

L’étude se décline également région par région. Et qu’apprend on si l’on se penche sur les résultats en Pays de la Loire ? Que 71 % des 801 personnes qui y ont été interrogées se disent heureuses (moyenne nationale : 72%) et 55 % attachés à leur région (loin derrière les Bretons : 77%). Mais aussi que 79 % d’entre elles jugent notre société injuste. 39 % estimant même que l’injustice sociale s’est accrue en quelques générations. Que seulement 37 % des ligériens interrogés estiment « qu’il est de plus en plus difficile de trouver un emploi là où (ils) vivent » (1ère région française – très - loin devant les autres), mais que 48 % (4 points sous la moyenne nationale) considèrent que leurs parents vivaient mieux quand ils avaient leur âge et 42 % (-3) que leurs enfants vivront moins bien qu’eux... Bref que rien n’est tout blanc, ni tout noir. Étonnant, non ?

Graph barometre
Graphique : Elabe / Institut Montaigne

PS politique :

A un an des municipales, l’étude relève également que moins de deux ligériens interrogés sur cinq font confiance à leur maire (39 %, 2 points sous la moyenne nationale) et que seulement 52 % d’entre eux pensent que celui-ci a le pouvoir de faire évoluer les choses…

 


Bidule_carre_512px130 millions pour la fac de médecine

Entre le lapsus breton du Premier ministre (voir L'oeil de la semaine dernière), les annonces sur l’aéroport de Nantes-Atlantique et celles concernant les transports en Pays de la Loire et Bretagne, l’information est un peu passée inaperçue. Le 8 février dernier à Nantes, dans le cadre de la signature du contrat d’avenir Pays de la Loire, Edouard Philippe a confirmé la participation financière de l’Etat à la construction d’une nouvelle faculté de Santé sur l’île de Nantes, à proximité du futur CHU. Estimé à 130 millions d’euros, le projet devrait voir le jour à l’horizon 2020. Sur 36 000 mètres carrés, la nouvelle fac regroupera les 7 000 étudiants des différentes formations en santé et paramédicales actuelles, à l’exception des deux premiers cycles de pharmacie et des PACES (Première année commune aux études de santé).