Bidule_carre_512pxMunicipales : En Marche dévoile ses ambitions, de Rugy manœuvre en coulisses

A l’approche du printemps, les jonquilles ne sont pas les seules à pointer le bout de leur pistil. Les marcheurs aussi sortent du bois. Samedi 16 mars, les macronistes nantais avaient choisi une brasserie « chic et décontractée », face au château des ducs de Bretagne, pour avouer à la presse leur désir de voir fleurir une liste capable de « porter un projet progressiste pour Nantes » lors des municipales de 2020.

Autour de la table : trois députés (la porte-parole nationale du Modem Sarah El Haïry, le conseiller municipal Mounir Belhamiti et la macroniste historique Valérie Oppelt), le conseiller municipal ex-UDI Hervé Grélard et la conseillère régionale, ex-EELV, Emmanuelle Bouchaud. Excusée mais de la partie également, la députée En Marche Anne-France Brunet.

Les autres conseillers municipaux nantais proches du mouvement présidentiel, Cécile Bir (ex-EELV et attachée parlementaire de Mounir Belhamiti) et Benoît Blineau (Modem) avaient préféré rester en retrait. Trop tôt pour sortir du bois, estimaient-ils.

Conf LREM Nantes
Les élus LREM nantais avancent leurs pions en vue des municipales / Photo : Antony Torzec

De Rugy à la manœuvre

Car tout s’est précipité la veille de cette conférence de presse. Le vendredi 15 mars au matin, un comité politique de LREM 44 est organisé à Paris. Une recentralisation, digne de l’ancien monde, en raison du caractère politique de l’ordre du jour : la préparation des élections municipales. Les députés nantais, le référent En Marche 44 et des membres du staff national du parti sont rejoints par celui qui répète pourtant en interview ne pas être intéressé par la mairie de Nantes : François de Rugy. Deux lignes s’affrontent. Pour les uns, c’est le local qui doit décider de la stratégie et le mieux est d’attendre l’après élections européennes ; pour le ministre et ses amis,  c’est Paris qui doit tenir le manche et il faut y aller maintenant. «Top Down ou Bottom up », comme on dit dans le nouveau monde.

Sans surprise, la ligne De Rugy l’emporte. C’est bien Paris qui rythmera les plantations en vue des municipales nantaises. Une stratégie rejetée par Stéphane Gachet, qui militait pour attendre l'après élections européennes pour se déclarer. Furieux, il ne relaiera pas cette conférence de presse. Une première couleuvre parisienne à avaler pour le tout nouveau référent…

Les voilà donc partis pour un lancement officiel du mariage de la carpe et du lapin, censé « achever la recomposition politique française amorcée au plan national en 2017… ». L’ancienne co-listière de Bruno Retailleau (Les Républicains) aux dernières élections régionales Sarah El Haïry marche donc à présent main dans la main avec l’ancienne co-listière du candidat socialiste Christophe Clergeau aux Régionales 2015, Emmanuelle Bouchaud. De même, Mounir Belhamiti, actuellement dans la majorité municipale, s’accoquine avec Hervé Grélard, membre de l’opposition.

Une annonce « déconnectée des attentes des Nantais », selon Rolland

Autant d'essences différentes qui se retrouvent autour d’un tronc commun : un « manifeste pour un projet progressiste aux élections municipales à Nantes ». Soit une vingtaine de lignes de généralités humanistes qu’aucun candidat ne pourrait renier. Il est question de bâtir un « projet nantais qui allie l’innovation à la solidarité, permettant ainsi d’amplifier les dynamiques associatives, économiques, culturelles et sociales qui font le rayonnement de notre ville ». On est encore en mars et le vent souffle fort dans les futaies...

A la différence de la droite qui dans un exercice équivalent la semaine précédente (lire L’œil de Mediacités du 14 mars) ne l’avait pas ménagée, les marcheurs ont soigneusement évité de prononcer le nom de Johanna Rolland. Ce qui n’a pas empêché la maire de Nantes, trois jours plus tard, de juger cette annonce trop téléguidée de Paris et déconnectée des attentes des Nantais.

Prochaine étape pour les partisans d’Emmanuel Macron : le 22 mars. Ils présenteront alors un collectif métropolitain. Viendront ensuite les phases de diagnostic et de construction du projet. Et pour achever les travaux, la présentation d’une liste où toutes les surprises sont possibles. « Recomposition politique » oblige…

A.T.


Bidule_carre_512pxLa Région paiera bien pour la rénovation de la ligne ferroviaire Châteaubriant-Rennes

Enfin ! Depuis cet été la région des Pays-de-la-Loire conditionnait aux compensations de l’État post-NDDL sa participation financière de 6,4 millions d’euros à la rénovation de la « ligne à petite vitesse » Châteaubriant-Rennes (en l’espèce la portion Châteaubriant-Retiers). Un chantier à 42,5 millions d’euros en tout, relancé par Emmanuel Macron lui-même en juin. La présidente du Conseil régional Christelle Morançais a annoncé le 15 mars, au côté du maire de Châteaubriant Alain Hunault (LR tous deux), qu’une résolution en ce sens serait proposée au vote des élus régionaux ces 21 et 22 mars. « Nous allons aussi voter sur l’avance de l’État [1,3 million d’euros, ndlr] pour que les travaux puissent se réaliser rapidement », a-t-elle même précisé.

Une conséquence directe du contrat d’avenir signé en présence d’Édouard Philippe à Nantes le 8 février dernier. C’est la deuxième fois en quelques mois que la Région avance la part de l’État. Sur la rénovation de Clisson-Cholet, qui va se terminer en avril, elle s’élève ainsi à 6,7 millions d’euros (pour un chantier de 46,4 millions d’euros en tout). Cette annonce n’a pas totalement convaincu les associations d’usagers. Dans un communiqué, la Fnaut Pays-de-la-Loire, pousse pour une refonte globale de la liaison interrégionale, en incluant le tram-train Nantes-Châteaubriant au sud (au nord il s’agit d’un TER classique) : « Les deux Régions ne doivent pas revenir aux systèmes d’exploitation anciens séparés, une aberration, et se mobiliser pour cette rénovation et une exploitation commune de Rennes-Châteaubriant-Nantes qui améliorera le service aux usagers et le trafic. »

T.D.


Bidule_carre_512pxBisbilles numériques sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes

C’est le retour de la vieille histoire de l’arroseur arrosé. En 2016, les zadistes de Notre-Dame-des-Landes avaient réussi à pirater les ondes du 107.7 FM (la radio de Vinci Autoroute) sur quelques kilomètres du périphérique nantais et de la RN 137 pour y diffuser leur propre antenne libre, Radio Klaxon (qui n’émet plus depuis novembre). La même année, un groupe de hackers anonymes avait réussi à hacker le site du Conseil régional des Pays-de-la-Loire pour protester contre une pétition soutenant le projet de nouvel aéroport. Mais la semaine dernière, ce sont les occupants du bocage eux-mêmes qui ont fait les frais de cette technique.

Dans la foulée des nouvelles destructions de cabanes opérées par 200 gendarmes mardi 12 et mercredi 13 mars, les webmasters du site et gestionnaires de la boîte mail officielle de la ZAD déclaraient, dans un message un brin gêné, que « certaines personnes se sont permises [sic] de détourner l’adresse du site vers une autre page renvoyant vers un appel à venir rejoindre la ZAD. [...] Si on ne peut que soutenir un appel à soutien de la ZAD, on se pose des questions sur les intentions réelles de personnes qui procèdent comme cela ». Et ils ajoutent : « toute communication qui serait passé de 18h jeudi [14 mars] à... on ne sait pas quand, ne vient pas de personnes qui gèrent habituellement [la] boîte mail ».

De qui ce piratage est-il l’œuvre ? De zadistes dits "canal historique" ? Un tardif communiqué « [d’]invitation à nous rejoindre » pour reconstruire les bâtisses détruites est publié quelques heures plus tard, signé des « Des Gilles & John de la ZAD ». « Pas un mot sur cette journée ordinaire de persécution policière dans les médias... » dénonce curieusement ce texte, alors qu’au moins une quinzaine d’articles dans la presse locale ou nationale relatent l’opération gendarmesque (sans compter les sujets radio ou télé). À noter par ailleurs que le compte officiel "officiel" @ZAD_NDDL est lui suspendu sans explication par Twitter depuis janvier 2019.

T.D.


Bidule_carre_512pxLycées : la guerre des palmarès

Il est sorti ! Comme chaque année à la même époque, le ministère de l’Éducation nationale a rendu publiques hier, mercredi 20 mars, les données concernant la réussite au baccalauréat de tous les lycées français. Comme le relève Presse-Océan, on y apprend notamment que 41 des 49 lycées d'enseignement général et technologique de Loire-Atlantique ont obtenu des taux de réussite bruts supérieurs à 90 %, tout comme 21 des 37 lycées professionnels du département.

Mais ne nous voilons pas la face : plus que ces résultats globaux – un peu en baisse par rapport à l’an dernier (seulement 4 lycées sous la barre des 90% en filières générale et technologique) - ce qu’attendaient fébrilement les directeurs d’établissement, les parents d’élèves et certains de leurs rejetons, ce sont bien les fameux « classements » que dressent chaque année certains de nos confrères. Car le ministère a beau ne pas en établir, préférant « proposer une image de la réalité complexe et relative des résultats d'un établissement », ces palmarès sont devenus des marronniers de la presse.

De L’Internaute à L’Étudiant en passant par L’Express, Le Point et bien sûr les quotidiens régionaux, chacun propose donc le sien, suivant une méthodologie et un système de notation qui lui est propre. Résultat, le premier chez l’un ne l’est pas forcément chez l’autre. Ce qui ne facilite pas toujours la lecture pour qui n’est pas spécialiste des subtilités du système éducatif. Illustration encore cette année à Nantes avec les classements publiés, par exemple, par L’Internaute, L’Express et L’Étudiant.

Si Saint-Joseph du Loquidy (privé) en occupe la tête dans les trois cas, la situation est plus confuse pour les suivants. Deuxième pour L’Internaute, le lycée public Clémenceau est relégué à la troisième place par L’Express et à la quatrième par L’Étudiant, devancé chez ces deux derniers par L’Externat des enfants nantais (privé) qui n’est que quatrième chez L’Internaute... Bref, on s’y perd un peu pour ne retenir finalement qu’à ces niveaux-là tout se joue dans un mouchoir de poche. Et qu’avec tout ça on n’a pas beaucoup parlé de l’essentiel : les élèves, leurs profs et ce que les seconds apprennent aux premiers.

 


Bidule_carre_512pxL'Université de Nantes en campagne contre le harcèlement

« Une femme prof, on lui parle de ses enfants. Un homme prof, on lui parle de ses projets de recherche »… Les phénomènes « #MeToo » ou « Ligue du LOL » ont fini par franchir les portes de la fac… Après avoir mis sur pied le 5 mars dernier une cellule interne d’écoute des victimes et des témoins de harcèlement, l’Université de Nantes a lancé cette semaine une campagne de sensibilisation à ces questions auprès des étudiants et du personnel. Sensibilisant au sexisme, à l’homophobie et à toutes les formes de harcèlement, six affiches sont désormais placardées dans les couloirs des sites universitaires et diffusés sur les réseaux sociaux de l’Université.

Campagne harcèlement UNantes


Bidule_carre_512pxDe Rugy en égérie publicitaire

De rugy pompe a chaleurC’est ce qu’on doit appeler la rançon de la gloire. Lorsque l’on se promène sur Internet, voilà le genre de publicité (pas franchement ciblée, l’auteur de ces lignes n’ayant qu’un intérêt très lointain pour les pompes à chaleur) sur lesquelles on peut parfois tomber : une image de François de Rugy, au perchoir de l’Assemblée, pour vanter des pompes à chaleur à 1 euro. Pourquoi pas ? Après tout, le ministre de la Transition écologique a bien lancé, en décembre dernier, un dispositif cumulant plusieurs aides et permettant aux foyers les plus modestes de remplacer leur vieille chaudière à énergie fossile par une pompe à chaleur. Pour un prix pouvant, sous certaines conditions, descendre jusqu’à un euro.

En février, Le Figaro rapportait même qu’il devait inaugurer le premier chantier de ce type en Seine-et-Marne. Dans le même article, le journal lance néanmoins une mise en garde. « Ce coût alléchant rappelle évidemment celui des solutions pour isoler les combles, les caves ou les sous-sols et qui ont donné lieu à des arnaques. Des entreprises, se disant mandatées par le ministère de l’Écologie, ont démarché des particuliers pour leur proposer » des aménagements. Dans le cas de cette pub, le site vers lequel elle renvoie, logo du ministère à l’appui, s’avère être celui d’une entreprise d’isolation et de vente de pompes à chaleur de Pantin, en banlieue parisienne (10 300 euros de chiffre d’affaires en 2017). Une société fondée en 2017, mais qui n’hésite pas à se vanter de travailler « depuis plus de 10 ans » en « partenariat avec le Ministére (sic) de l'Ecologie »… Étonnant. Contacté, le ministère n’avait pas eu le temps de nous dire avant publication, s’il entretenait ou non des liens avec cette société. Qui, elle, ne nous a pas répondu.