Avec ses 303 lits et ses 700 soignants, l’hôpital des enfants de Toulouse est une grosse machine… qui craque de toute part. Ce 11 janvier, son personnel lance une grève générale et illimitée alors que l’établissement est saturé depuis septembre. En cause, des enfants qui se retrouvent pour la première fois confrontées à des épidémies ou à des affections hivernales aussi précoces que virulentes : bronchiolite, gastro-entérites, asthme, laryngites, trachéites, et maintenant la cinquième vague de Covid-19…

« On est censé avoir une infirmière pour deux enfants, on se retrouve à une pour huit », explique Élodie*, une infirmière diplômée d’État. Parfois c’est pire : « Cette nuit, au dernier moment, une collègue s’est mise en arrêt maladie. Personne pour la remplacer. On s’est retrouvée avec une infirmière pour 19 enfants », renchérit Annie*, une de ses collègues. « Selon les textes, lorsqu’un enfant arrive à l’accueil de l’hôpital, on est censé le voir dans le quart d’heure. Là, on peut avoir jusqu’à 2h30 d’attente », rajoute Sarah* une troisième. Elle poursuit : « Tous les jours, on vient avec la boule au ventre en se disant qu’on va en perdre un. Quand est-ce que ça va arriver et surtout sur qui ça va tomber ? »
Un médecin du travail « stupéfié »
Le 6 décembre, alerté par plusieurs médecins et personnels paramédicaux, Jérémie Sommé, médecin du travail, fait une descente dans l’hôpital des enfants. Le lendemain, il consigne ce qu’il a vu dans un courrier adressé à Anne Ferrer, la directrice générale par intérim. « J’ai été stupéfié par la situation dans laquelle se trouvent actuellement ces professionnels de santé, que ce soit sur le plan de l’ergonomie physique (locaux, matériels), de . . .

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