Ce sont deux parcelles accolées de 3,4 hectares, en plein cœur du quartier Vauban, qui attendent toujours leur transformation. Dénommées EDF‐Transpole en référence aux activités qu’elles hébergeaient auparavant – des ateliers EDF et un dépôt de bus -, elles sont idéalement situées, non loin de l’Université catholique de Lille, du port de Lille, autour duquel la majorité nourrit toujours des projets, et des futures lignes de tramway et de bus à haut niveau de service.
Pourtant, depuis des années, les riverains s’interrogent : que se passe‐t‐il sur ce site, dépourvu d’activité depuis plus de dix ans ? Est‐il toujours prévu d’y bâtir un projet durable et à haute valeur écologique, comme le projetaient quatre équipes d’aménageurs lors du concours « Lille Bas carbone », en 2015 ? Que sont devenues les grandes annonces faites lors des vœux de 2016 de Laurent Guyot, ancien président du conseil de quartier ?
L’ex adjoint de Martine Aubry évoquait une métamorphose « à horizon 2020 », projetant la création de 400 logements, d’un parc de 8000 mètres carrés, avec une nouvelle mairie de quartier. Un projet qui figurait dans le programme de Martine Aubry en 2020… et qui figure toujours dans celui d’Arnaud Deslandes en 2026 – avec l’ajout d’un équipement sportif.
Pour comprendre pourquoi les projets de reconversion de friches s’enlisent, il faut s’intéresser à l’une des étapes clé de leur reconversion : la dépollution. Car elles sont par définition fortement impactées par les activités antérieures à leur abandon, laissant bien souvent des traces difficiles à effacer, menaçant à la fois les milieux naturels et la santé des riverains. Ainsi, ce sont près de 8 français sur 10 qui vivent à proximité d’une friche polluée, alertaient les chercheuses Cécile Bazart et Marjorie Tendero.