Deux à quatre degrés de plus toute l’année, la fin des champs de maïs dans le Gers ou le Tarn et Garonne, les vignobles du Gaillacois délocalisés en Angleterre, des barrages pyrénéens quasiment vides, le débit de la Garonne réduit de moitié au cœur d’un été sec avec des vagues de chaleurs plus longues et fréquentes : voilà ce qui attend Toulouse et sa région à l’horizon 2050 ! « Le bassin Adour-Garonne, c’est la Californie de demain », assure Florence Habets, hydrométéorologue du CNRS au laboratoire Metis (Milieux environnementaux, transferts et interactions dans les hydrosystèmes et les sols), à Paris. Les effets sont là : en Ariège, on dévie une rivière pour remplir un lac dont le niveau d'eau est trop faible, tandis qu’on irriguait encore le maïs début octobre dans les plaines tarnaises. Les vagues de chaleur, elles, se multiplient déjà. Face à un tel bouleversement, comment la métropole toulousaine se prépare-t-elle ?

En 2050, l’eau pourrait devenir une denrée rare. Avec des précipitations beaucoup moins régulières mais aussi plus intenses, la région devra faire face à des sécheresses plus longues et aiguës et des crues plus violentes. Les chiffres varient fortement selon les projections, même si une constante demeure : ce qui est aujourd’hui une année particulièrement sèche ou caniculaire deviendrait la norme. Dans le scénario le plus optimiste, limitant la hausse globale des températures à 2 degrés, les précipitations diminuent de 20% de moyenne par rapport à aujourd'hui et le débit des rivières de 10%. En revanche, si l’évolution des émissions de CO2 suit la même pente qu’aujourd’hui, la baisse de débit sur le bassin Adour-Garonne atteindra 50%. Le manque d’eau serait alors encore plus criant en période estivale. La diminution du débit des rivières pourrait atteindre 75% dans le scénario le plus pessimiste.

Que faire ?

Pour faire face, certains préconisent le stockage de l’eau. Sur les 13 000 barrages et 15 000 petites retenues individuelles que compte le pays, le bassin Adour-Garonne est pourtant déjà particulièrement doté. Or, la solution d’hier devient progressivement le problème de demain. Qui dit climat plus chaud dit évaporation plus forte de l’eau contenue dans les retenues, a fortiori en période sèche. La récente déviation d’une rivière pour remplir le lac de Montbel, en Ariège, très utilisé pour l’irrigation du Lauragais, ne peut être qu’une issue temporaire.

Seule solution efficace : réduire l’impact des activités humaines sur le cycle de l’eau. D’abord, en diminuant les prél . . .

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