« Tout ça pour ça... », lance, dépitée, la commerçante roubaisienne Aicha El Kaddouri en désignant un étalage de sa boutique. Entre deux livres d’apprentissage coranique pour enfants et une multitude de vêtements destinés aux femmes musulmanes, on aperçoit chez Sounna shop, rue de Lannoy, les fameuses poupées sans visage.

Ces dernières ont surgi dans le débat public dimanche 23 janvier, avec la diffusion d’un numéro du magazine Zone interdite sur les dangers liés à la montée d’un islam radical en France. La vingtaine de minutes que consacre l’émission à la ville de Roubaix accrédite en effet la thèse d’un communautarisme rampant, ce qui a fait l’objet d’une violente polémique.

https://twitter.com/ZoneInterdite/status/1484813086120980482?s=20&t=h7-u7b9n9v6Byx61EOnB3g

Une séquence en particulier, tournée par une journaliste de M6 en caméra cachée dans la boutique d’Aicha El Kaddouri, a suscité de très vives réactions. Sur les réseaux sociaux, la gérante de 37 ans a d’ailleurs publié un statut aux allures de tribune pour déplorer le procédé lorsqu’elle a découvert l’extrait de l’émission qu’elle a jugé « à vomir de mensonges ». Le lendemain, elle s’est donc mise en scène dans une vidéo avec deux autres commerçantes de Roubaix pour « rétablir la vérité » et montrer qu’ « il n’y a pas que des librairies islamistes rue de Lannoy ».

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