L’analyse de Mediacités

Mis à jour le 02/02/2026
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Pour reprendre sa formulation de 2020, Martine Aubry avait promis une "autonomisation des équipes de proximité" et "une déconcentration de certains pouvoirs vers les mairies de quartier". En raison de son imprécision (quelles équipes de proximités ? quels pouvoirs ?) difficile de savoir avec exactitude ce qu'entendait par là Martine Aubry.

La première mairie de quartier a vu le jour à Lille en 1975 à Bois-Blancs. Aujourd'hui au nombre de dix, elles permettent de gérer les demandes administratives des habitants du quartier, d’accompagner les animations et les actions de démocratie participative, ou encore d’assurer le fonctionnement des conseils de quartier, sous la houlette d'un adjoint dédié. 

Aussi, chaque mairie de quartier est dotée d'un conseil de quartier, composé de dix habitants tirés au sort, de quinze habitants volontaires et de cinq représentants de groupes politiques. Ils disposent d'un budget permettant de financer les associations locales. Un fonds de participation citoyenne permet aussi de financer des microprojets chaque mois (en moyenne 20 000 euros par an et par quartier). 

Interrogée sur l'évolution des prérogatives des mairies de quartier, la ville de Lille cite la création du salon citoyen à Fives, qui a fait de la mairie de quartier "un lieu ressources, administratif, social, mais aussi informatif sur les projets en cours, lieu de recueil et d'échanges sur des projets et idées à proposer au quartier ou à la ville". Inauguré fin août 2025, le projet doit être expérimenté durant un an pour envisager de l'étendre à d'autres quartiers. 

La Ville de Lille ajoute que "durant ce mandat, les conseillers de quartier ont été amenés à s'exprimer [de façon consultative] sur les délibérations intéressant le quartier en amont du vote du Conseil municipal, ainsi que, chaque année, sur la programmation du contrat de ville". Une prérogative dont ils disposaient déjà auparavant. 

L'actuel maire de Lille Arnaud Deslandes a récemment concédé qu'il fallait refonder les conseils de quartier dont le modèle est vieillissant, afin de permettre notamment plus de représentativité, et de favoriser l'engagement en permettant des participations ponctuelles sur des projets précis. 

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Finalisation de la mise en accessibilité des bâtiments municipaux

Mairie Action sociale
Promesse abandonnée/non tenue
Mis à jour le : 03/02/2026
Écoles, bibliothèques, mairies… Tous ces équipements doivent être accessibles aux personnes à mobilité réduite ou porteuses d’un handicap, qui peinent parfois à y accéder.

Sur le mandat, quelque 344 bâtiments municipaux devraient être mis aux normes, selon Sylviane Delacroix, adjointe au maire chargée de l’inclusion des personnes en situation de handicap. Lorsque nous l’avons rencontrée en novembre 2021, 150 établissements avaient déjà été rénovés et 55 étaient encore en travaux.

Sur le site de la Ville, on peut lire à la fin du mandat que "la Ville de Lille et ses communes associées se sont engagées à rendre leurs 440 établissements recevant du public et installations ouvertes au public accessibles d'ici 2024.Entre 2015 et 2024, la Ville de Lille aura investi plus de 30 millions d'euros dans les travaux d'accessibilité", est-il précisé.

Si de nombreux bâtiments ont été rénovés, la "finalisation de la mise en accessibilité des bâtiments municipaux" figure toujours dans le programme d'Arnaud Deslandes pour le mandat 2026-2032. Des bâtiments restent en effet à rénover, à l'image de la bibliothèque de Lille-Moulins qui n'est pas accessible aux personnes en fauteuil. Lors du conseil municipal du 10 octobre 2025, le conseiller municipal d'opposition Maroin Al Dandachi soulignait également le retard de la commune associée d'Hellemmes en la matière. C'est donc une promesse non tenue, même si les avancées en la matière sont notables. 

Construction de 8000 logements

Mairie + Métropole Logement
Promesse abandonnée/non tenue
Mis à jour le : 02/02/2026
En annonçant 8000 logements à construire au cours des six prochaines années, Martine Aubry reste dans la lignée de ses deux derniers mandats (23 400 logements construits, dont 30 % sociaux, entre 2008 et 2020). Ce chiffre de 8000 logements à bâtir répond à un besoin de 1 200 nouveaux logements par an. La maire de Lille, longtemps adepte de la « ville dense », doit désormais concilier la nécessité de construire avec la nouvelle priorité donnée à la « métamorphose paysagère » de la commune.

Entre 2015 et 2020 - soit quasiment la durée du précédent mandat de Martine Aubry - ce sont plus de 9 000 logements qui ont été construits à Lille.

Dans son programme local de l'habitat (PLH), publié en 2022, la ville de Lille (en prenant en compte Hellemmes et Lomme) prévoyait la construction de 141 nouveaux projets d'habitat d'ici 2028, pour un total de 8 788 logements. Un nombre qui reste inférieur aux nécessités du terrain : "sur le territoire lillois, les besoins sont estimés à 10 850 logements", précise le document. 

Dans son bilan sur le logement présenté lors du conseil municipal du 12 décembre 2025, Anissa Baderi, adjointe en charge du dossier, alertait : "les besoins sont toujours croissants et il nous faut pouvoir y répondre". Elle explique que la production a été fortement impactée par la crise sanitaire et l'explosion des coûts de construction, mais aussi le recours contre le projet Saint-Sauveur. "2000 logements ont cruellement manqué aux Lillois en cette crise du logement", regrette l'élue. 

D'ici à mars 2026, la Ville assure qu'elle aura inauguré 6560 nouveaux logements dont 34% abordables. Parmi ces logements, 1200 logements sont destinés aux étudiants, 300 issus de transformation de bureaux. "Rien n'est jamais simple en matière de logement mais ce fut particulièrement difficile dans ce mandat (...) Nous sommes a 80% de l'objectif, c'est un beau résultat [dans ce contexte]", appuie Anissa Baderi.

L'écologiste Stéphane Baly conteste ces chiffres. Se fiant aux données ministérielles de la base Sitadel, qui recense les permis de construire, il a noté seulement 3500 nouveaux logements construits sur le mandat. 

Puisque la mairie de Lille n'a pas atteint l'objectif chiffré qu'elle s'était fixé, nous classons cette promesse comme non tenue. 

Valorisation du transport fluvial pour particuliers et marchandises

Mairie Mobilités
Promesse abandonnée/non tenue
Mis à jour le : 02/02/2026
Exploiter la Deûle et en faire une véritable voie pour les transports en commun, c’est l’idée émise par Damien Castelain dans son projet métropolitain. Il souhaite créer des navettes fluviales sur la Deûle pour les trajets du quotidien ou touristiques, « notamment dans les secteurs des Weppes entre Don et Lille ».

En 2020, le président de la métropole et les représentants des Voies navigables de France avaient estimé un investissement de 200 à 250 000 euros pour mettre les navettes sur l’eau. La principale difficulté résidait à l’époque en la vitesse des bateaux. Aujourd’hui cependant, le projet ne figure pas dans le plan de mobilités de la MEL à l’horizon 2035, et semble avoir disparu des radars.

La ville de Lille a cependant terminé un autre chantier important : la construction de sa gare d’eau, en collaboration avec la MEL. Achevée en 2023 et située aux Bois-Blancs, elle constitue la première halte nautique sur la Deûle, accessible aux bateaux de plaisance.

Une nouvelle jetée de 113 mètres de long et de 5 mètres de large a été construite. Elle permet l’amarrage de 17 péniches destinées au logement et d’un bateau recevant du public.

Néanmoins, le transport fluvial pour particuliers et marchandises n'a pas connu un boum au cours de ce mandat, nous classons donc cette promesse comme non tenue. 

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