Les organisateurs de l'évènement dénoncent une censure portant atteinte aux libertés d'expression et de réunion. Saisi en référé, le tribunal administratif de Toulouse dira ce vendredi 8 si la décision de la mairie est appropriée ou non.
Est‐on encore libre de parler de tout à Toulouse ? La question se pose après la décision de la mairie d’empêcher la tenue d’un évènement dans une salle municipale au nom d’un prétendu risque de trouble à l’ordre public.
Samedi 9 mai, une projection‐débat, organisée par le collectif pour la défense du peuple sahraoui et les Écologistes, devait avoir lieu dans la salle Osète. Après une réservation en bonne et due forme par les Écologistes, le 2 avril, les organisateurs ont appris le 30 avril par les services de la mairie, que la salle était « réquisitionnée ce jour‐là, sans aucune explication ni proposition alternative de lieu d’accueil pour l’événement. Ceci alors même que le règlement de la facture avait été effectué », déplorent‐ils dans un communiqué.
Un risque de trouble à l’ordre public
Contactée par les organisateurs, Cécile Dufraisse, adjointe chargée des salles municipales, aurait expliqué que l’autorisation avait « été retirée sous prétexte que cette réservation a été faite pour le compte d’un tiers et sans lien direct avec l’objet déclaré lors de la réservation ».
Jugeant le prétexte « fallacieux », les organisateurs ont saisi le tribunal administratif en référé. Lors de l’audience, ce jeudi 7 mai, la mairie aurait fait valoir un troisième argument. « Ils ont dit qu’ils avaient reçu trois courriers indiquant qu’il pourrait y avoir des troubles entre Marocains et Algériens si cet évènement avait lieu », rapporte Régis Godec, élu écologiste d’opposition à Toulouse. La juge a donné à la mairie …