Le 5 mai dernier, un animateur périscolaire d’une école du 11e arrondissement de Paris comparaissait devant un tribunal correctionnel. Il est accusé de harcèlement sexuel sur neuf écolières de classe primaire et d’agressions sexuelles sur trois d’entre elles. Comme le rapportent les médias nationaux, ce procès ouvre « une longue série » judiciaire, alors qu’un scandale secoue depuis plusieurs mois les écoles de la capitale.
Depuis le début de l’année 2026, 78 agents de la ville de Paris ont été suspendus, dont la moitié pour des soupçons de violences sexuelles. Son nouveau maire, le socialiste Emmanuel Grégoire, s’est emparé du sujet dès son élection et a annoncé un grand plan d’action afin de prévenir ces violences. Des collectifs de parents se mobilisent aussi, partout en France, pour recueillir des témoignages, dénoncer ces violences et appeler les pouvoirs publics à agir, à l’instar de #MetooEcole ou de SOS périscolaire.
Convaincue que la ville de Paris n’est pas un cas isolé, l’équipe de Mediacités a décidé d’enquêter sur les violences à l’école.
Mediacités fait appel à vous
Pour enquêter sur les faits de violence en milieu scolaire et périscolaire, et sur leur prise en compte, ou non, par les pouvoirs publics compétents, Mediacités fait appel à vous. Que vous soyez concerné directement ou indirectement, si vous avez connaissance d’agissements d’individus violents ou d’agressions physiques ou sexuelles sur des mineurs dans des structures scolaires ou périscolaires situées dans la métropole de Lyon, vos témoignages peuvent nous être utiles pour documenter le phénomène.
Au‐delà des faits en eux‐mêmes, Mediacités s’intéresse à la façon dont les communes, qui gèrent les écoles maternelles et primaires, et les associations ou structures associées réagissent aux cas de violences signalés. Dans quelle mesure les moyens mobilisés pour prévenir ces faits sont‐ils ou non suffisants ? Si votre enfant ou un enfant de votre entourage a été pris en charge par une structure au sein de laquelle des faits de violences sont survenus et que vous avez des indications sur la façon dont l’équipe vous a informé (ou non) et a géré la situation, vous pouvez également nous écrire.
Vous pouvez choisir de nous envoyer un témoignage anonyme (mais avec, si possible, des éléments de localisation précis nous permettant de vérifier les faits rapportés). Chacun de vos messages sera lu attentivement par nos journalistes qui pourront, si vous l’acceptez, vous recontacter pour les besoins de l’enquête.
Quatre signalements dans le Rhône
Si le sujet des agressions sexuelles à l’école commises par des adultes s’est imposé ces dernières semaines dans l’actualité, suite aux révélations parisiennes donc, il ne date bien entendu pas d’hier. En 2017 par exemple, le cas d’un animateur en poste dans une école du 8e arrondissement de Lyon avait été particulièrement médiatisé. L’homme, alors âgé de 23 ans, avait été accusé « d’attouchements » sur deux écoliers et mis en examen pour « corruption de mineurs et agressions sexuelles ». La ville de Lyon l’avait suspendu de ses fonctions aussitôt l’enquête judiciaire ouverte et la collectivité avait mis en place une cellule d’écoute au sein de l’établissement.
Plus récemment, en 2024, Le Progrès révélait que le centre social Françoise Dolto à Décines‐Charpieu avait exclu un animateur mis en examen pour des agressions sexuelles sur quatre enfants âgés d’une dizaine d’années. Le professionnel travaillait dans la structure depuis 2014. Le collectif national SOS Périscolaire, qui rassemble des parents confrontés à des violences en milieu scolaire, affiche sur sa carte en ligne 4 signalements reçus pour le département du Rhône, pour des faits de négligence et de violences physiques ou psychologiques, contre 165 signalements à Paris, dont 42 pour des cas de violences sexuelles.
Entre 400 et 600 animateurs formés par an
Ces chiffres, basés sur des déclarations, ne constituent en aucun cas des statistiques. Mais ils illustrent que le problème est loin de se cantonner à Paris. Interrogée par Mediacités, la ville de Lyon, chargée d’organiser les temps périscolaires, assure que « toute suspicion de violence, et plus encore lorsqu’elle est de nature sexuelle, fait l’objet d’un traitement immédiat, rigoureux et systématique ». Pour prévenir ces faits, la collectivité souligne avoir inscrit les activités périscolaires « dans le cadre des Accueils collectifs de mineurs (ACM) ». Concrètement, cette décision « implique un taux d’encadrement et un niveau de qualification plus exigeants qu’un accueil périscolaire classique », vante la Ville. Elle signifie aussi que les antécédents judiciaires des animateurs recrutés, y compris les vacataires, sont vérifiés à deux reprises, en lien avec le Service départemental à la jeunesse, à l’engagement et aux sports.
La collectivité revendique enfin la formation d’entre 400 et 600 animateurs par an sur la prévention de la maltraitance, la posture professionnelle ou la gestion des groupes. Des équipes médico‐sociales municipales, dont les effectifs s’élèvent à 80 personnes, peuvent intervenir en appui.
Ces dispositifs suffisent‐ils à assurer la sécurité des écoliers lyonnais ? Et qu’en est‐il dans les autres communes de la Métropole ? Vos réponses à notre appel à témoignages nous aideront à répondre à ces questions et à enquêter sur ce sujet d’intérêt public.
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