La surenchère militaire s’accélère ces derniers mois. Alors que la France souhaite porter ses dépenses dans le domaine à plus de 400 milliards d’euros d’ici 2030, soit un doublement de son budget en dix ans, et que la Direction générale de l’armement (DGA) est sur le point de s’équiper de nouveaux missiles, l’usine toulousaine d’ArianeGroup semble jouer un rôle clé dans cette stratégie.
Détenu à parts égales par Safran et Airbus, l’industriel produit notamment du perchlorate d’ammonium sur son site de l’île du Ramier. Mélangé à d’autres constituants, il produit du propergol, un carburant destiné aux lanceurs de missiles balistiques et aux propulseurs spatiaux. Le groupe se revendique même leader mondial dans la production de ce composé chimique.
Une position qu’ArianeGroup souhaite renforcer. Le 9 avril dernier, la mairie de Toulouse a accordé un permis de construire autorisant l’industriel à bâtir un second atelier de perchlorate d’ammonium afin d’augmenter sa production de 60 %. Selon l’entreprise, ce nouvel atelier doit répondre « aux enjeux de souveraineté française et européenne en matière de défense et d’accès autonome à l’espace ».
Car si le perchlorate d’ammonium entre dans la composition du propergol et permet aux fusées Ariane de décoller, il sert également à propulser les missiles nucléaires français M51, capables d’atteindre des cibles à une portée intercontinentale d’environ 10 000 kilomètres. Mise en service en octobre 2025, la dernière version du missile développée par ArianeGroup, le M51‑3, doit progressivement …