Canicule et surpopulation : détenus et matons suffoquent à la prison de Toulouse‐Seysses

En juillet 2025, la justice administrative reconnaissait l'indignité des conditions de détention à la prison de Toulouse-Seysses. Un an plus tard, alors qu'une nouvelle canicule frappe la région et malgré la mise en place de certaines mesures, les détenus continuent de vivre un enfer.

Dans le quartier des hommes, de nombreuses cellules sont occupées par trois personnes alors qu’elles étaient initialement prévue pour accueillir un seul prisonnier. / Antoine Berlioz

Il est à peine 11 heures du matin à la prison de Toulouse‐Seysses, et la chaleur assomme déjà les trois détenus qui vivent dans cette petite cellule de 12 m². Un tee‐shirt est accroché au plafonnier pour tamiser la lumière crue de cette petite pièce, et un ventilateur tourne en continu.

« Il a fallu le cantiner [acheter, dans le monde carcéral] pour 18,50 euros », dit l’un d’entre eux, un humidificateur à la main qu’il ne cesse d’actionner pour se rafraîchir. « Si tu n’as pas d’argent ou pas de famille pour t’en envoyer un, tu n’as pas de ventilateur », poursuit‐il, assis en tailleur sur un matelas posé à même le sol.

En face de lui, la météo passe à la télévision, accrochée sommairement au mur, et annonce 39 °C pour ce mercredi 8 juillet à Toulouse. « En fin d’après‐midi, quand le soleil tape directement sur la fenêtre, il fait plus de 50 °C, affirme l’un des trois détenus. Mais pourtant, on n’est pas les plus à plaindre, il y a des cellules encore plus petites ».

À quelques pas, une surveillante sort une clé de sa poche qu’elle tourne pour ouvrir la lourde porte d’une cellule voisine. Dans cette geôle de 9 m², avec là aussi un matelas au sol, un détenu, inhalateur de Ventoline à la main, raconte le même quotidien.

« La promenade, c’est un enfer. Il n’y a pas d’ombre et les horaires ne sont pas adaptés », dit‐il au député insoumis de Haute‐Garonne Christophe Bex, qui a fait valoir son droit de visite parlementaire pour pénétrer dans la prison de Toulouse‐Seysses. « À la chaleur …

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Publié le

Temps de lecture : 5 minutes

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Par Justin Carrette

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