En investissant 25 têtes de liste dans le Nord pour les municipales 2026, le Rassemblement national (RN) espérait faire mieux qu’en 2020, année où ses espoirs d’accéder à au moins une mairie du département avaient été déçus. Ce sera finalement à nouveau la douche froide pour le parti lepéniste, qui n’a grappillé que quelques sièges de conseillers municipaux supplémentaires.
Peut‐on néanmoins dire que ce territoire est hermétique à l’extrême droite ? En 2023, un premier sénateur RN, Joshua Hochart, avait fait son entrée à la chambre haute, réussissant l’exploit de réunir pas moins de 433 voix. Puisque le collège de grands électeurs du Sénat est avant tout composé de maires et de conseillers municipaux, ce score historique témoigne d’un soutien massif émanant des communes du Nord ; un département particulièrement riche en communes – il en compte 647 – dont beaucoup sont rurales, et qui compte une majorité de maires sans étiquette.
Selon Clémentine Belle Grenier, docteure en sciences politiques et enseignante vacataire à l’université Paris‐Dauphine, les scores réalisés aux élections sénatoriales démontrent que « le RN fait un sacré travail de terrain, de ratissage au niveau local. Elus et militants vont chercher à connaître les élus locaux, à les convaincre. Et ce travail démarre avant même les élections municipales, dans les communes où ils peuvent avoir du mal à trouver des candidats. Le RN va tenter de convaincre des candidats qui vont se faire élire sur des listes sans étiquette, et s’en servir pour faire élire des sénateurs et obtenir des parrainages [à la présidentielle] ».