Thierry Pauchet, chef de file de l'opposition de droite au Conseil municipal de Lille, et la maire, Martine Aubry, lors de la braderie 2019. Photo : Twitter @ThierryPauchet

Lille : pourquoi l’opposition municipale de droite pourrait rallier Martine Aubry

Au conseil municipal, ils sont cinq à incarner l’opposition de droite à Martine Aubry : Isabelle Mahieu, Jean-René Lecerf, François Kinget, David Hugoo et Thierry Pauchet. Pour le moment, tous soutiennent la candidature de leur chef de file Thierry Pauchet. Pour le moment… Car certains se tâtent : ne serait-il pas temps de rallier Martine Aubry ?

En coulisse, la députée LREM Valérie Petit s’active pour rendre possible une telle union. Une manière pour la Lilloise de 43 ans de venger l’affront d’avoir été backboulée de l’investiture LREM au profit de sa rivale Violette Spillebout. Tout en essayant de grapiller au passage une place de conseillère municipale, elle qui confiait il y a quelques jours à un proche « vouloir être élue dans sa ville ». Le soutien avant le premier tour de la droite modérée à la candidature Aubry est-il vraiment une idée saugrenue ? Pas tant que ça pour les principaux intéressés. On vous explique pourquoi.

1. Parce que leur candidat ne décolle pas

Selon le sondage du 13 décembre 2019 , la liste « les Lillois sont formidables » de Thierry Pauchet rassemblerait 4 % des voix. En dessous du seuil fatidique des 5 % qui permet d’être remboursé de ses frais de campagne et de fusionner avec une autre liste entre les deux tours. « Nous avons été très déçus par ce score… mais on continue ! » ,assure Thierry Pauchet qui promet des renforts de poids susceptibles de faire décoller sa candidature. Se rallier à Martine Aubry ? « Sans aucune hésitation, si à l’issue du premier tour se profile une alliance entre les Verts et la France Insoumise ». Avant le premier tour ? « Si Martine Aubry évolue sur ses positions concernant la vidéo-protection et l’armement de la police municipale, je serais bien c… de dire non. »

2. Parce qu’il est hors de question de rallier Marc-Philippe Daubresse

« Jamais ! » C’est le cri du cœur d’Isabelle Mahieu quand on l’interroge sur une alliance éventuelle avec Marc-Philippe Daubresse, le candidat officiel des Républicains. « En investissant sans nous prévenir Marc-Philippe Daubresse, les instances parisiennes de LR nous ont méprisés, nous les élus de terrain, les Petit Poucet, les sans-grade… alors que nous faisons le job depuis 6 ans ! » La conseillère municipale de 59 ans, dont le dévouement et le sérieux sont loués dans le camp Aubry, pourrait-elle travailler désormais avec la maire de Lille ? Silence. Un « ni oui ni non » qui durera tant que Thierry Pauchet maintiendra sa candidature.

3. Parce qu’ils se méfient de Violette Spillebout

Proche des positions d’Emmanuel Macron, la droite modérée lilloise devrait logiquement rallier Violette Spillebout. D’autant que cette dernière se présente volontiers comme la candidate du centre après avoir habilement convaincu l’UDI, le Modem et le Mouvement radical de la rejoindre. Ce serait trop simple. « Face aux extrêmes de gauche et de droite, il faut recréer une force politique républicaine alternative à LREM en réunissant gauche et droite », explique David Hugoo, 38 ans, ex-conseiller de la sénatrice UDI Valérie Létard. Le jeune conseiller municipal sans étiquette, collaborateur de Jean-René Lecerf au Département se dit en outre « rebuté par les méthodes indécentes de Violette Spillebout ». Allusion sans plus de précisions à la manière dont la candidate LREM se serait attaquée à sa favorite, Valérie Petit, pour remporter l’investiture LREM à Lille et qui fait écho aux « propos, gestes agressifs et sexistes » que des députés LREM avaient notifiés dans une lettre à Stanislas Guérini en juin dernier. David Hugoo pourrait-il annoncer son soutien à la liste Aubry ? « Pour le second tour, j’y réfléchis », avoue-t-il.

4. Parce que c’est déjà arrivé

En 2008, Jacques Richir, conseiller municipal Modem dans l’opposition depuis 1989, annonçait son ralliement à Martine Aubry. Il est aujourd’hui l’un des piliers de la majorité aubryiste. Loin de l’image d’icône de gauche qu’elle aime cultiver au niveau national, la fille de Jacques Delors a toujours su s’entendre avec la droite modérée, quand il s’agit de mettre les mains dans le cambouis au niveau local. Elle sait que Lille se gagne au centre. Et qu’il lui faut élargir sa majorité. De plus, elle reconnaît volontiers que l’opposition de droite a plutôt été constructive durant ce mandat.

5. Parce qu’ils estiment que Martine Aubry a changé


« Martine Aubry a perdu peu à peu son côté acariâtre. Elle est devenue plus humaine » juge Thierry Pauchet. « Durant ce mandat, elle nous a donné accès à tous les dossiers que nous réclamions ». En clair, on peut travailler avec elle. Son ex-adversaire aux municipales de 2014, Jean-René Lecerf, est encore plus laudateur : « Elle a pris peu à peu la place de Pierre Mauroy dans les quartiers où elle dispose d’un vrai potentiel affectif », confie le président du Conseil départemental à Mediacités. Avant d’ajouter : « Aujourd’hui, à Lille, c’est Martine Aubry ou le chaos». On ne saurait être plus clair.

Alexandre Lenoir

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