Les élus régionaux ont approuvé le financement des premières études pour mettre le service express métropolitain en route. Photo : BB 22385, Wikimedia Commons

Hauts-de-France : Un projet de RER à très petite vitesse

« La réalisation ne se fera pas d’un coup de baguette magique. » Franck Dhersin, vice-président de la Région chargé de la mobilité, n’en est pas peu fier. Lors du conseil régional du 18 novembre, il a présenté les avancées du projet de RER connectant, entre autres, Lille au bassin minier. Une satisfaction que ne partage pas toute l’assemblée. « Je vous préviens, je ne suis pas très contente de cette délibération, a tancé Marine Tondelier, conseillère régionale du groupe d’opposition « Pour le Climat, pour l’Emploi », également conseillère municipale d’Hénin Beaumont. Les habitants du bassin minier en ont marre d’être la dernière roue du carrosse. Les solutions vont mettre des années à venir. » L’objet de son courroux ? Le calendrier prévisionnel qui prévoit le doublement du nombre de l'ensemble des dessertes ferroviaires à l’horizon… 2040 !

Si la Région regarde vers le futur, tournons-nous plutôt vers le passé pour comprendre l’agacement de la conseillère régionale. En 2010, la Région dirigée par Daniel Percheron annonce la création du Réseau express Grand Lille (aujourd’hui appelé Réseau express Hauts-de-France), visant à relier rapidement Lille au bassin minier d’ici à 2035. En 2015, Xavier Bertrand reprend le projet et un débat public est organisé d’avril à juillet. Mais le projet peine à démarrer. Cinq ans plus tard, il semble au point quand le ministère des Transports promet un soutien financier à plusieurs territoires français pour les inciter à mettre en place un « service express métropolitain » (SEM). Le projet de RER connaît enfin une nouvelle impulsion.

Le SEM permettra de doubler la fréquence des TER en provenance et à destination de Lille. Photo : région Hauts-de-France.

Un SEM, quésaco ? Concrètement, il prévoit d’augmenter la fréquence des TER existants sur « l’étoile ferroviaire » lilloise. À l’horizon 2040, il y aurait par exemple 14 TER reliant Lille à Valencienne en heure de pointe, contre huit aujourd’hui ; et 16 TER entre Lille et Hazebrouck contre 8 aujourd’hui. L’objectif ? « Désenclaver les territoires, tous les territoires, accroître la mobilité des habitants et réduire les émissions de gaz à effet de serre », a soutenu le rapporteur du projet.

« Rendez-vous dans 40 ans »

Seulement voilà, on est encore bien loin du réseau de RER promis par la Région. Ce que les élus ont voté, lors de la séance du 18 novembre, ouvre simplement la voie au financement de la première phase d’études de faisabilité pour le déploiement du SEM. Franck Dhersin l’a avoué lui-même : « de nombreuses et lourdes études seront nécessaires » pour la mise en œuvre complète de ce chantier de 5 milliards d’euros. Les premières permettront d’analyser les enjeux environnementaux et urbains, de veiller à la capacité de circulation des trains, mais aussi la capacité d’accueil à quai dans les gares. Co-financées par la Région, l’État et la Métropole européenne de Lille (MEL), elles compléteront celles déjà menées pour le projet réseau express Hauts-de-France et devraient s’achever en 2023, pour un budget total de 2 millions d’euros.

Si le projet est enfin sur les rails, il est donc encore très loin d’arriver à destination. Le tracé définitif n’est d’ailleurs pas tout à fait finalisé. Les premières phases d’études permettront, entre autres, « d’analyser les variantes » du réseau express Hauts-de-France. Ces lignes alternatives sont issues du débat public de 2015, et ouvrent la voie, par exemple, à la création de nouvelles gares, comme celle dénommée : « Aéroport de Lesquin ». « Bref rendez-vous dans 40 ans », a résumé, amère, Marine Tondelier.

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