La Métropole de Lyon a demandé l’expulsion du squat Maurice Scève

C’est la dernière étape avant l’expulsion du plus grand squat de l’agglomération lyonnaise. Une opération de police s’est tenue ce mardi matin à l’ancien collège Maurice Scève, dans le quartier de la Croix-Rousse à Lyon. Selon plusieurs témoins présents sur les lieux, au moins huit fourgons et une vingtaine de CRS se sont postés devant l’entrée du site aux alentours de 8h du matin. Les forces de l’ordre, accompagnées par des chiens, ont quitté les lieux vers 10h30.

Jointe par Mediacités, la préfecture du Rhône fait savoir qu’il s’agit d’une opération préparatoire avant une expulsion prochaine, destinée à repérer les lieux et à identifier le nombre de personne présentes sur place. Les services de l’Etat indiquent avoir reçu la semaine dernière une « demande de concours de la force publique », c’est-à-dire une demande d’expulsion, de la part de la Métropole, comme le confirment également les services du Grand Lyon. Une réunion de travail sur l’opération à venir, dont la date n’est pas divulguée, s’est également tenue il y a quelques jours à la préfecture en présence du maire de Lyon Grégory Doucet et du président de la Métropole Bruno Bernard.

Près de 300 occupants

Depuis le 24 septembre, la Métropole de Lyon, propriétaire de cet ancien collège, est en effet en droit de demander l’évacuation du site à la préfecture. En septembre 2019, la justice avait validé la demande du Grand Lyon mais avait accordé un délai d’un an aux occupants, comme nous le rappelions la semaine dernière. La demande n’aura donc pas tardé.

« Ce squat ne pouvait pas être pérennisé, il n'est pas adapté pour ça. L'hiver dernier a déjà été très compliqué, il faut trouver une solution pour héberger les occupants dans de meilleures conditions », justifie le service communication de la Métropole de Lyon, contacté par Mediacités, pour qui «  l'objectif est que l'évacuation se passe le mieux possible ». 

Cette intervention survient au lendemain d'un conseil métropolitain et alors que près de 300 personnes sont toujours présentes sur place, en majorité des demandeurs d’asile dont une quarantaine de mineurs, selon les derniers chiffres fournies par les associations d’aide aux migrants. Un chiffre approximatif, bon nombre de migrants ayant pu quitter les lieux sans attendre l’évacuation officielle. « On travaille en coordination avec les associations et la préfecture, notamment pour prendre en charge les mineurs le plus rapidement possible », précise la Métropole. 

Des solutions de relogement sont en cours pour 200 personnes en attente d’un titre séjour ou d’une demande d’asile, indique la préfecture. En revanche, aucun relogement n’est prévu pour les personnes en fin de droit ou déboutées de leur demande d’asile, qui devront donc être mises à l’abri dans des dispositifs provisoires, avant d'entrer dans le dispositif d'aide au retour volontaire. 

Mathieu Périsse

Pour aller plus loin : 

https://www.mediacites.fr/enquete/lyon/2019/11/20/en-images-migrants-six-mois-dans-les-squats-du-grand-lyon/

 

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Mathieu Périsse
Mathieu Périsse collabore avec Mediacités Lyon depuis juin 2017, convaincu de la nécessité d’une information locale indépendante et percutante. Lyonnais de naissance, il a d’abord travaillé pour la radio (Radio France, RTS), notamment lors de reportages longs-formats à l’étranger (Afghanistan, Biélorussie, Chypre, Burkina Faso…). Membre du collectif de journalistes We Report, il écrit régulièrement pour Mediapart, journal pour lequel il a enquêté pendant un an sur la pédophilie dans l’Eglise catholique (également en lien avec Cash Investigation).

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