David Kimelfeld a présidé le Grand Lyon de 2017 à 2020. Photo : J.Le Mest/Mediacités.

La reconversion un peu précipitée de David Kimelfeld

Le « recasage » a alimenté les conversations du petit monde politique lyonnais la semaine dernière : après avoir été infirmier, avoir fondé une société de transport maritime et avoir présidé la Métropole de Lyon de 2017 à 2020, David Kimelfeld se lance dans la com’. L’ex-patron du Grand Lyon a créé son cabinet Kimelfeld Conseil, le 8 octobre dernier, et s’est associé à l’agence de « communication et [d’]influence » Syntagme d’Erick Roux de Bézieux, figure du microcosme et de la droite locale. Sauf que, comme le confie David Kimelfeld lui-même, l’annonce médiatique de sa reconversion a été un peu précipitée…

Celui qui fut un temps le dauphin de Gérard Collomb a sollicité l’avis de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP), chargée de prévenir les risques de prise illégale d'intérêts, sur son projet de reconversion. Or, il attend encore une réponse officielle de l’organisme. Contrairement à Michel Le Faou, « simple » ex-vice-président du Grand Lyon qui, lui aussi, met à profit son carnet d'adresses d'ancien élu [lire par ailleurs notre enquête « Pantouflage : l’ancien « Monsieur Urbanisme » de Lyon et du Grand Lyon recasé dans un bureau d’études »], « Kim », en tant qu’ancien président de métropole, était tenu de saisir la HATVP. Celle-ci, dans un délai de deux mois, peut se prononcer de trois façons : 1) rien à signaler sur le plan déontologique et pénal ; 2) Ok mais avec des réserves qui obligent l’élu ou l’ancien élu à se conformer à « des mesures de précaution » ; 3) un avis d’incompatibilité qui, de fait, interdit à l’ancien responsable politique d’exercer l’activité envisagée. 

Selon toute vraisemblance, David Kimelfeld doit s’attendre à la deuxième option. « J’ai eu des échange par mail et téléphone ces derniers jours avec la Haute Autorité : a priori, elle formulera une série de restrictions à mon activité comme de ne pas travailler pour le Grand Lyon, la ville de Lyon, les satellites de ces collectivités, comme le Sytral, ou des grandes entreprises qui bénéficient de délégations de service public, comme Veolia. Cela tombe sous le sens. Il est aussi clair que je n’aurai parmi mes clients aucune autre des 58 communes de la Métropole », détaille-t-il à Mediacités. Des restrictions qui obligeront le nouvel « influenceur », comme l’a qualifié Le Progrès, à chasser sa clientèle hors de son fief. « La France est vaste, sourit-il. Et à l’heure du télétravail, je n’y vois aucun inconvénient. »

N.B.

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