Illustration : Jean-Paul Van Der Elst.

La fortune des Bahadourian estimée autour d’1 milliard d’euros… au minimum

C’est ce qu’on peut appeler une entrée fracassante… Léo et Patrick Bahadourian, les héritiers de la dynastie d’épiciers de la Guillotière, font leur entrée dans le classement des « 300 plus riches de Suisse » du magazine économique romand Bilan. Comme nous vous le racontions dans une récente enquête [(re)lire : « Yacht, Ferrari, champagne… la fortune des Bahadourian cachée dans les paradis fiscaux »], les deux frères sont établis dans le canton de Genève depuis plus d’une dizaine d’années.

Dans son palmarès 2020, le journal estime leur fortune actuelle entre 1 et 1,5 milliard de francs suisses, soit entre 925 millions et 1,4 milliard d’euros. Les patrons de l’activité grossiste des Bahadourian (distincte de l’épicerie historique et de l’enseigne des Halles Bocuse) se classent directement à la 16e place des 44 Français les plus riches de Suisse. En juillet dernier, Léo et Patrick Bahadourian avaient figuré, pour la première fois également, dans le classement des plus fortunés de Challenges. Mais l’hebdomadaire français n’avait estimé leur patrimoine « qu’à » 300 millions d’euros.

Les affaires de la fratrie lyonnaise ont prospéré grâce à son association, à partir du milieu des années 1990, avec Denis Dumont, fondateur de la chaîne de supermarchés Grand Frais. Plus récemment, en 2019, les Bahadourian ont racheté à la famille Tchenio la société Toupargel, placée en liquidation judiciaire, pour 40 millions d’euros. Ils s'étaient alors engagés à maintenir ses 2 000 salariés pendant au moins deux ans sous peine d’un amende de 10 000 euros par licenciement. En septembre dernier, un projet de plan social, prévoyant 150 départs, avait mis en émoi l’entreprise de livraison de produits alimentaires, avant d’être abandonné sous la pression syndicale.

Un immeuble à 100 millions de francs

D’après Bilan, Léo et Patrick Bahadourian ont, depuis 2007, acquis plusieurs propriétés genevoises pour un montant total de 78 millions d’euros. Ils ont par ailleurs acheté, en janvier 2019, l’immeuble de la maison de chaussures Aeschbach, une autre dynastie de commerçants, rue du Rhône, artère de Genève où se pressent les boutiques de luxe, pour 100,2 millions de francs suisses (93 millions d'euros).

Geneve-Bahadourian
L'immeuble, rue du Rhône, à Genève, racheté par les Bahadourian. Image Google Street.

À noter que deux autres patrons lyonnais, adeptes comme les Bahadourian des paradis fiscaux, figurent dans le classement du journal suisse : Denis Dumont, à l’origine de la saga Grand Frais [(re)lire notre enquête : « Jets privés et holdings au Luxembourg… dans l’arrière-boutique du fondateur des supermarchés Grand Frais »] avec une fortune estimée entre 700 et 800 millions de francs suisses et Philippe Foriel-Destezet (2 à 3 milliards de francs suisses), actionnaire, à hauteur de 5,5%, du champion mondial de l’intérim Adecco, épinglé dans le scandale des Panama Papers.

N.B.

Post-scriptum [actualisation le 27 novembre] - Le 20 novembre dernier, le fonds PAI Partners, une branche du groupe BNP Paribas, a annoncé avoir acheté 60% des parts d'Euro Ethnic Foods, société fondée par les frères Bahadourian et qui contrôle les rayons d'épicerie dans plus de 230 magasins Grand Frais. D'après l'AFP, cette acquisition a valorisé Euro Ethnic Foods « au-delà du milliard d'euros ».

https://www.mediacites.fr/enquete/lyon/2020/09/29/yacht-ferrari-champagne-la-fortune-des-bahadourian-cachee-dans-les-paradis-fiscaux/

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