Le député du Rhône Hubert Julien-Laferrière. / © Photo : N/Barriquand/Mediacités.

Présidence d’Interpol : le député Hubert Julien-Laferrière exhorte Emmanuel Macron à s’opposer au candidat des Émirats arabes unis

Où l’on reparle du major général Al-Raisi… En novembre dernier, Mediacités consacrait une longue enquête à Ahmed Nasser Al-Raisi, haut-dignitaire de la police des Émirats arabes unis et seul candidat connu à la tête d’Interpol, l’agence mondiale basée à Lyon. Deux britanniques, dont l’un avait accepté de témoigner dans nos pages, l’accusent d’avoir couvert des actes de tortures commis par des forces de l’ordre de ce pays du Golfe, en 2018 et 2019. La semaine dernière, le nom de celui qui fut directeur des opérations centrales de la police d’Abou Dhabi s’est invité lors d’une conférence de presse organisée, à Paris, par le député Hubert Julien-Laferrière.

L’élu du Rhône (ex-LREM, qui s’est rapproché des écologistes) est à l’initiative d’une lettre co-signée par 56 autres collègues de l’Assemblée nationale, tous partis politiques confondus, adressée à Emmanuel Macron. Les auteurs exhortent le président de la République à faire pression sur les Émirats arabes unis, avec lesquels la France a nouée « une relation privilégiée », écrivent-ils, pour la libération de l’opposant politique Ahmed Mansour. Ce militant des droits de l’Homme est maintenu enfermé dans un cachot de quatre mètres carrés depuis 2017.

Au cours de la conférence organisée pour médiatiser cette interpellation, l’avocat William Bourdon, associé à la démarche, a rappelé que les Émirats arabes unis briguaient la présidence d’Interpol, rapporte Libération. Or, à l’époque où Ahmed Mansour a été jugé et emprisonné, le major général Al-Raisi était inspecteur général du ministère de l’Intérieur, a pointé William Bourdon. Il envisage d’entamer « toute initiative judiciaire au regard des responsabilités d’Ahmed Nasser Al-Raisi ».

Salon de l'armement

« Je souhaite que la France, le moment venu, n’approuve pas la candidature d’Al-Raisi à la présidence d’Interpol, confie à Mediacités Hubert Julien-Laferrière. On sait qu’il est responsable de l’incarcération d’Ahmed Mansour et des conditions inhumaines dans lesquelles il est retenu. Derrière le pouvoir d’attraction qu’exerce Dubaï sur certains, les Émirats arabes unis se transforment en un état policier de plus en plus répressif. C’est l’un des pays au monde où la démocratie recule. »

Pas sûr que le député du Rhône soit entendu… Malgré la pandémie de Covid-19, les Émirats organisent actuellement leur salon Idex consacré à l’armement [relire notre enquête : « Made in Auvergne-Rhône-Alpes » : ces armes fabriquées près de chez vous, utilisées dans la sale guerre du Yémen] et la France compte parmi les pays les plus représentés lors de cet événement. La ministre des Armées Florence Parly s’y est même rendue en début de semaine.

« C’est justement parce qu’Abou Dhabi est un bon client de la France qu’on doit réclamer la libération d’Ahmed Mansour », insiste Hubert Julien-Laferrière, qui souligne que Joe Biden, depuis sa prise fonction, a annoncé la suspension de ventes d’armes (des avions de chasse) aux Émirats arabes unis.

Précédemment dans l'Oeil

Transports en commun, GL Events et eau potable au menu du prochain conseil métropolitain du Grand Lyon

Mediacités publie les plus de 130 projets de délibération qui seront soumis au vote des conseillers métropolitains du Grand Lyon le 13 décembre prochain.

Interpol : le général émirati accusé d’avoir couvert des actes de torture élu président

Malgré une forte opposition de la société civile, le général Ahmed Nasser Al-Raisi, visé par plusieurs plaintes pour des violations des droits de l'Homme, a été élu jeudi président d'Interpol, dont le siège est à Lyon.