Une du Progrès. Photo : NB/Mediacités.

Malaise au Progrès après les nouvelles accusations de violences conjugales contre le patron du Dauphiné Libéré

Bis repetita. La police a convoqué, ce mardi 9 mars, Christophe Tostain, PDG du Dauphiné Libéré, afin de le mettre en garde à vue pour « violences sur sa concubine en récidive », d’après le procureur de la République de Grenoble. Il est ressorti libre. Les faits remontent au 14 février 2021 et auraient entraîné, de source judiciaire, une interruption temporaire de travail (ITT) de moins de huit jours.

Par la voix de son avocat, cité par l'AFP, Christophe Tostain « ne conteste pas une dispute », mais nie toute violence physique et précise qu’il ne s’agit ni de son épouse ni de sa concubine. Son propre journal a révélé les faits, sur son site Internet, le jour même de la convocation, et annoncé la mise en retrait du dirigeant. Celui-ci doit comparaître le 4 novembre prochain devant le tribunal correctionnel de Grenoble.

Six mois de prison avec sursis

C’est la deuxième fois que Christophe Tostain se trouve mêlé à une affaire de violences conjugales. En mai 2019, le patron de presse avait été condamné à six mois de prison avec sursis et 4 000 euros d’amende pour « violences sur conjointe » et « outrages » à l’encontre des gendarmes qui étaient intervenus le soir d'une précédente dispute.

Au moment du procès, Mediacités vous avait raconté comment cette affaire avait provoqué un profond malaise au sein de la rédaction du Dauphiné. Christophe Tostain avait pris la décision de ne pas publier dans son titre la dépêche AFP qui avait révélé les faits de violences dont il était accusé. Avant de reconnaître, plusieurs semaines après, avoir « merdé ».

Cette fois-ci, pas de malaise au Dauphiné Libéré, mais dans les rangs du Progrès - les deux journaux appartiennent au même groupe, Ebra. Dans un communiqué publié mercredi 10 mars, le Syndicat national des journalistes (SNJ) dénonce une « autocensure » : « Le directeur de publication et PDG [du Progrès] Pierre Fanneau a pris la décision ce mardi 9 mars de censurer cette nouvelle sans doute trop dérangeante ».

Interrogé par Mediacités en 2018 au sujet de la première affaire Tostain, le rédacteur en chef du Progrès, Xavier Antoyé, assumait de ne « jamais traiter les affaires internes ». Le journal avait toutefois couvert le procès de 2019.

« Nous n’en serions pas là, et les salariés du Dauphiné non plus, si [Philippe Carli, PDG d’Ebra] n’avait pas maintenu à son poste M.Tostain, contre vents et marées, à l’été 2019, arguant que ses violentes frasques de l’époque relevaient d’une "affaire privée"… », déplore encore le SNJ.

Dans la foulée de ce communiqué, la direction du Progrès a changé son fusil d’épaule. Le quotidien a repris la dépêche AFP dans la rubrique « fait divers » de son site avant de publier un entrefilet dans son édition papier du 11 mars.

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