Entre l'échangeur de Perrache et le tunnel de Fourvière. Photo : X.Caré-Wikimedia Commons-CC BY-SA 4.0.

Zone à faibles émissions : la Métropole de Lyon passe la deuxième

ZFE, phase 2… et suivantes. Ce lundi 15 mars, les élus de la Métropole de Lyon ont voté les prochaines étapes de la « zone à faibles émissions », dispositif instauré le 1er janvier 2020 pour interdire progressivement aux véhicules les plus polluants le centre de l’agglomération. Aujourd’hui seuls les utilitaires (catégorisés « N1 » sur la carte grise) qui arborent une vignette Crit’Air 3, 4 ou 5 sont indésirables au sein d’un périmètre qui englobe Lyon, une partie des communes de Bron, Villeurbanne et Vénissieux, ainsi que Caluire-et-Cuire. A partir du 1er janvier 2022, les voitures particulières Crit’Air 5 (diesel immatriculées avant le 31 décembre 2000 et essence avant le 1er janvier 1997) ou non-classés les rejoindront.

La phase suivante s’échelonnera jusqu’en 2026 avec, en ligne de mire, l’interdiction de tous les véhicules classés Crit’Air 2 ou plus, soit environ 70% du parc automobile des particuliers. Conséquence, tous les moteurs diesel qui peuvent prétendre, au mieux, à la vignette Crit’Air 2, seront exclus. L’évolution du périmètre de la ZFE, les mesures d’accompagnement et les dérogations restent à fixer dans une prochaine délibération promise en 2022.

« Chacun chez soi, voilà le vrai credo de cette majorité ! »

Vice-président chargé des déplacements, Jean-Charles Kohlhaas (EELV) a promis « un accompagnement pour tous et en particulier les plus modestes ». Pas de quoi calmer les groupes d’opposition qui ont attaqué l’exécutif de l’écologiste Bruno Bernard sur le front du social. L’ex-président David Kimelfeld a déploré une « obstination à ne pas prendre en compte la justice sociale ». « Chacun chez soi, voilà le vrai credo de cette majorité ! », a brocardé Pascal Charmot. Pour le maire (LR) de Tassin-la-Demi-Lune, la santé publique est utilisée comme alibi pour empêcher les habitants de la périphérie de se rendre dans l’hyper-centre du Grand Lyon. « La ZFE telle qu’elle est mise en œuvre est une machine à exclure, jugeait, en amont du vote, le centriste Christophe Geourjon (UDI), alors même qu’aucun nouveau parc relais n’est prévu au cours du mandat et que l’exécutif s’en remet au privé pour développer l’autopartage. »

Au sein même de la majorité, le renforcement de la ZFE fait grincer quelques dents… L’insoumis Laurent Legendre s’est inquiété de la surveillance globale qui pourrait découler du système de radars envisagé pour traquer les véhicules interdits dans la zone. Le communiste Pierre-Alain Millet s’est lui interrogé sur les conséquences pour des milliers de ménages modestes.

« Je suis frappé par le caractère précipité de cette délibération, reprend, auprès de Mediacités, Christophe Geourjon. Il y a clairement un objectif politique derrière : devancer les obligations légales de la loi Climat et résilience qui entreront en vigueur en 2023 puis en 2024. Une façon de dire que les écologistes ont agi avant le gouvernement… » La loi qui traduit une partie des propositions de la Convention citoyenne pour le climat prévoit d’interdire les diesels et essences Crit’Air 5 dès le 1er janvier 2023 dans les agglomérations les plus polluées.

Reste à savoir comment les Grands Lyonnais et les habitants des territoires limitrophes qui viennent quotidiennement travailler au sein de la Métropole accueilleront la ZFE nouvelle mouture. Le baromètre annuel « Les Français et l’environnement », publié la semaine dernière par l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie), rassurera peut-être Bruno Bernard et son équipe : l’idée d’interdire la circulation des véhicules polluants dans certaines zones recueille 61% d’opinions favorables, en hausse de 6 points.


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