Laurent Wauquiez sur le plateau de Public Sénat, en décembre 2020. Capture d'écran.

Élection présidentielle : la petite musique de Laurent Wauquiez

Pas encore déclaré pour les élections régionales de juin 2021 mais déjà candidat… à la présidentielle de 2022. C’est l’impression laissée par la petite tournée médiatique nationale que Laurent Wauquiez s’est offerte ces derniers jours. Première apparition dans Le Parisien, le 24 mars. Alors que son homologue des Hauts-de-France, Xavier Bertrand, officialise pour la énième fois qu’il souhaite briguer l’Élysée, le président d’Auvergne-Rhône-Alpes dégaine qu’il ne va pas « rester indifférent à ce qui se passe dans [s]on pays ».

« Je ne sais pas ce qui va se passer, mais je sais que je ne veux pas être spectateur », lâche-t-il au sujet d’un éventuel retour sur la scène politique nationale. « Je vais m’engager », martèle-t-il, quatre jours plus tard, dans les colonnes du Journal du dimanche. Bref, retenez-le, il revient !  

Quand ? « Au début de l’été », donne-t-il rendez-vous pour préciser ses ambitions. Comment ? Laurent Wauquiez appelle de ses vœux une primaire. « Il va falloir trouver un système qui permette de choisir, plaide-t-il dans le JDD. Un parti politique ne peut pas, à un moment aussi important que le choix d’un candidat à la présidentielle, le faire juste sur la base d’un sondage. » Pas sûr que ses camarades des Républicains, échaudés en 2017 par la bérézina Fillon (désigné candidat à l’issue d’une primaire), partagent son avis… 

« J’ai conscience de m’être caricaturé moi-même »

Mais l’ancien patron LR, qui s'était auto-éjecté de la présidence de son parti après une autre bérézina, celle des élections européennes de 2019, peaufine déjà son nouveau couplet sur un air de « j’ai changé », entonné par d’autres comme Nicolas Sarkozy en 2007. « J’ai conscience de m’être caricaturé moi-même, confesse ainsi Laurent Wauquiez. J’ai été trop dur et trop agressif pour défendre mes convictions. » « Avant je me déplaçais avec mon armure », confie aussi celui qui se rêve en chevalier blanc de la droite.

En attendant, l’élu du Puy-en-Velay fait dire à son entourage que l’heure n’est pas à la préparation de sa réélection en Auvergne-Rhône-Alpes. « Nous n’avons vraiment pas la tête à ça », soutiennent ses collaborateurs à nos confrères de Lyon Capitale, en citant la finalisation des contrats de plan État-région ou la gestion des conséquences économiques de la crise du coronavirus. À d’autres ! Sur la route de l’Élysée, l’homme qui y pense sans se raser sait pertinemment que ses chances dépendront de son score aux élections régionales. Et de sa capacité à faire mieux qu’un certain Xavier Bertrand dans les Hauts-de-France.

Post-scriptum - En juin, à l'automne ou en 2022 ? La flambée de Covid-19 hypothèque de nouveau la tenue des élections régionales décalées une première fois aux 13 et 20 juin (elles devaient initialement se tenir en mars 2021). Dans un avis rendu ce lundi 29 mars, le conseil scientifique refuse de trancher la question et considère que l'arbitrage « incombe aux seules autorités politiques ».

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