L'autoroute A89, à hauteur de Sarcey. Photo : NB/Mediacités.

Le long de l’A89, la justice enterre un projet d’entrepôt logistique

Le petit gravelot a eu chaud aux plumes… Avec l’œdicnème criard et la grenouille agile, cet oiseau peuple un « corridor écologique » qui borde l’A89, à l’ouest de Lyon, promis jusqu’à peu à être détruit au profit d’une plateforme logistique. C’était compter sans le tribunal administratif de Lyon. Dans deux décisions datées du 7 octobre et dont nos confrères de Rue89Lyon se sont fait l’écho ce mardi 12 octobre, la justice a annulé l’arrêté préfectoral d’exploitation du futur entrepôt.

Mediacités vous en avait parlé dès juin 2019. Sur la commune de Sarcey, à mi-chemin entre Lozanne et Tarare, le Syndicat mixte pour l’aménagement et le développement économique de l’Ouest rhodanien promettait de bétonner quelques dizaines d’hectares de terres agricoles ou naturelles. Un programme poussé, à l’époque, par l’ancien président du département du Rhône Michel Mercier. Premier projet sur la liste, un entrepôt de près de 20 000 mètres carrés devait être construit à proximité immédiate de l’autoroute pour l’industriel Fresenius Medical Care SMAD, spécialiste du matériel de dialyse basé à Savigny.

Triton crêté

Dans sa décision [que Mediacités reproduit ci-dessous], le tribunal administratif, saisi par l’association France nature environnement, souligne qu’un « projet d’aménagement ou de construction (…) susceptible d’affecter la conservation d’espèces animales ou végétales protégées et de leurs habitats ne peut être autorisé, à titre dérogatoire, que s’il répond (…) à une raison impérative d’intérêt public majeur ». Or, l’entrepôt de la SMAD qui devait dégommer des « sites de reproduction ou d’aire de repos de trente-deux espèces protégées », poursuivent les magistrats, en citant le triton crêté, « ne répond à aucune raison impérative d’intérêt public majeur ».

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Au nom de la préservation des terres arables, le projet avait braqué les agriculteurs du secteur. Et comme nous l’avions écrit dans un précédent article, il avait déjà écopé, en septembre 2018, d’un avis particulièrement sévère de l’Autorité environnementale : il « s’interdit de prendre convenablement en compte l’environnement », pouvait-on notamment y lire.

Clap de fin donc pour le méga-hangar de l’A89 ? Argan, le promoteur qui devait construire l’infrastructure pour le compte de la SMAD a jusqu’au 7 décembre pour faire appel de la décision du tribunal administratif. Contactée par Mediacités, l’entreprise n’avait pas répondu à notre sollicitation au moment de notre publication.

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