Un rapport de la ville de Lyon met en exergue le maillage déjà très dense de la vidéosurveillance et l’utilisation extrêmement faible d’une écrasante majorité de caméras.
Le vert est une couleur changeante. Dans les années 2000, pendant le premier mandat de Gérard Collomb, les écologistes de sa majorité n’avaient pas de mots assez durs pour vilipender la détermination de l’ancien maire à mailler sa ville de caméras de vidéosurveillance. « On ne résoudra pas les problèmes urbains par quelques boîtiers bien disséminés. C’est le climat social qui est le terreau de la délinquance », tempêtait le conseiller municipal Etienne Tête, dans L’Express, en 2006. Lyon comptait alors 150 de ces « regards sans visage », selon l’expression de Michel Foucault.
Dix‐sept ans plus tard, on en dénombre près de quatre fois plus – 571 très précisément -, les écologistes dirigent la ville et ils veulent… encore plus de caméras. C’est ce que vient d’annoncer Grégory Doucet, la semaine dernière, à l’occasion de la remise d’un rapport d’audit de l’inspection générale des services de la ville sur « la vidéoprotection ». « Nous porterons le nombre de caméras à 600 d’ici à la fin du mandat », s’est engagé le maire de Lyon qui a salué, sur le sujet, « le travail très rigoureux de [s]on prédécesseur. J’en remercie Gérard Collomb. »
La trentaine de nouveaux « boîtiers » seront des « caméras nomades », dispositifs qui peuvent être déplacés selon les besoins pour « sécuriser » un événement ou un endroit identifié comme « sensible », comme c’est le cas actuellement de la place Mazagran, dans le 7e arrondissement. La ville de Lyon en compte déjà une douzaine.
10,3 millions d’euros …