Attaqué sur sa gauche, le maire PS de Rezé forme une liste “à l’ancienne”

Candidat à sa propre succession, Gérard Allard, maire socialiste de Rezé, a rendu public sa liste en vue des élections municipales. Mais la concurrence de deux autres listes de gauche pourrait menacer ce fief socialiste de 40 000 habitants, situé en périphérie de Nantes.

Pour de nouvelles têtes ou le dépassement des partis à Rezé, on repassera. Alors qu’à Nantes chaque candidate rivalise « d’ouverture » et de candidats « issus de la société civile », pour sa liste rezéenne le maire sortant (PS) Gérard Allard, 65 ans, mise quant à lui sur un attelage très politique. Une liste « à l’ancienne », malgré l’affichage « d’un renouvellement à 70% ». Sur un total de 45 noms, seuls huit sont siglés « société civile », dont à peine deux sont éligibles. « Pour Rezé, l’humain et la planète d’abord » récompense donc avant tout ceux qui sont restés fidèles à Gérard Allard tandis que sa majorité vacillait : dix départs ces derniers mois sur fond de contestation de son mode de gouvernance. On y trouve surtout des représentants du Parti socialiste (pour quasi-moitié), mais aussi des communistes, des écologistes ou représentants de l’UDB (Union démocratique bretonne). Dix des 14 adjoints en poste actuellement, au terme de nombreux remplacements, font également partie de l'attelage, même si leur poids politique demeure souvent limité. L’édile rezéen l’a lui-même reconnu en creux à Presse-Océan : « Ce sera une équipe solide, solidaire et stable. Il y aura moins d’égo et plus de place pour le collectif ».

Côté renouvellement et jeunesse, les seules figures notables sont Arnaud Bourdin (n°17), trentenaire, socialiste et directeur de cabinet du président du Conseil départemental de Loire-Atlantique, Philippe Grosvalet. Ou encore la novice en politique Jessica Lelion, venue de Génération écologie, placée en deuxième position.

Déjà six listes en lice

Dans la troisième commune de la métropole nantaise, historiquement ouvrière, socialiste depuis plus d’un demi-siècle, le maire sortant met en avant depuis plusieurs mois « l’union de la gauche » et son programme « radicalement écologiste ». La réalité électorale est bien plus éclatée. On compte déjà six listes en lice, dont une à droite, deux au centre et… trois à gauche. « Pour une ville de 40 000 habitants, ça fait beaucoup. Il n’y a pas 300 personnes qui veulent s’engager en politique à Rezé ! », note un acteur de la campagne municipale. "Rezé citoyenne" (association comptant 110 adhérents) notamment, est mené par Hervé Neau, premier adjoint démissionnaire il y a dix-huit mois, accompagné d’autres dissidents. Les militants d’EELV pourraient même présenter une huitième liste alors que le groupe écologiste a explosé lors de la mandature qui se termine. La longue époque des triomphes au premier tour pour le PS rezéen est révolue et l’entre-deux tours promet déjà d’être sportif à gauche.

Thibault Dumas

Notre précédente enquête :

https://www.mediacites.fr/enquete/nantes/2019/11/21/municipales-la-zizanie-semee-par-le-maire-de-reze-menace-ce-fief-socialiste/

Thibault Dumas
Franco-américain, je suis journaliste professionnel à Nantes depuis plus de dix ans, en radio puis en presse écrite, comme pigiste désormais. Je collabore avec Mediacités, édition nantaise, depuis la préparation de son lancement, en 2017. Je n'ai pas de spécialité en tant que telle mais j'enquête plutôt (seul ou en équipe) sur les montages fiscaux (Waldemar Kita, FC Nantes, Manitou, etc), la politique sous toutes ses formes, le social (Le Confluent, Centrale Nantes, Beaux-Arts de Nantes, etc) et un peu d'écologie (déchets, éoliennes de Nozay, etc). Pour me contacter : thibault.dumas@mediacites.fr.

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