Carine Bernault, nouvelle présidente de l'Université de Nantes. / Photo : Thibault Dumas

Nouvelles têtes à l’Université et à Centrale Nantes : l’attendue Carine Bernault, la surprise Jean-Baptiste Avrillier

« Bonjour, je m’appelle Carine Bernault, j’ai 47 ans, je suis professeure de droit et j’ai été élue hier, le 1er juillet, présidente de l’Université de Nantes. » C’est par ces mots que celle qui occupait jusqu’alors le poste de première vice-présidente du campus nantais a fait sa véritable entrée dans la vie publique face à la presse, au lendemain de son élection. Disponible, simple, affable mais un peu stressée, cette juriste de formation succède à Olivier Laboux (président de 2012 à 2020) forcé au départ par le crash du projet initial d’I-Site NeXT/Nantes Université.   

Et c'est justement sur cet épineux dossier que la nanto-alsacienne est attendue au tournant. A l'automne, la nouvelle mouture NeXT 2, sera évaluée par un jury international,  pour une naissance du nouvel ensemble "Nantes Université" envisagée désormais au 1er janvier 2022, avec deux ans de retard. « On ne pourra pas réussir ce projet si on ne se préoccupe pas de la vie quotidienne des personnels et des étudiants. C’est le défi de ce mandat », affirme-t-elle comme pour anticiper les inquiétudes, voire les vives oppositions de certains.

L’intersyndicale FSU-CFDT-FO-CGT, qui craint « le changement dans la continuité », avait d’ailleurs présenté face à elle la candidature de Guy Louarn (12 voix contre 22), professeur à Polytech. La suite logique du bon score effectué par leur liste commune aux élections universitaires des 11 et 12 février : 9 sièges obtenus (sur 20 administrateurs élus), soit autant que la liste « Université demain » de la nouvelle présidente. Une forme de double avertissement.

Surprise à Centrale

Mais c’est aussi du côté des partenaires de l’Université de Nantes qu’elle devra trouver des alliés. Hasard du calendrier, le 2 juillet, l’imprévisible conseil d’administration de Centrale Nantes a lui aussi élu son nouveau directeur six mois après la mise au banc d’Arnaud Poitou. Les six candidats en lice soutenaient tous un rabibochage avec le voisin universitaire, maladroitement entamé début juin. Et la surprise est totale puisque c’est le polytechnicien Jean-Baptiste Avrillier, 42 ans, qui l’a emporté par 19 voix contre 10 à Franck Plestan, pourtant soutenu par la majorité des 16 administrateurs élus, issus d’Unité centrale.

Certes Jean-Baptiste Avrillier, est directeur opérationnel du programme I-Site NeXT depuis octobre 2018. Mais « il est loin d’y avoir fait l’unanimité, confie un proche du dossier. Il n’avait d’ailleurs ni le soutien officieux de l’Université, ni celui ministère. Ce sont les “extérieurs” (les 16 administrateurs nommés, NDLR), issus des entreprises, des réseaux d’anciens et des collectivités locales qui ont été séduits et l’ont soutenu. »

Pour expliquer ce succès, certaines sources évoquent l’influence du puissant réseau des écoles d’ingénieurs, placé sous l’égide de Gérard Creuzet. Cet ancien chercheur au CNRS, passé ensuite par l’industrie (Thales, Valeo, EDF), est tout à la fois président du conseil d’administration de Centrale Nantes (mais trop âgé pour candidater à sa direction) et délégué général du Groupe des écoles centrales, qui en réunit cinq en France et trois à l’étranger. C’est d’ailleurs lui qui, accompagné du directeur par intérim, a présenté à la presse, les résultats de l’élection. Le grand absent ? Le tout nouveau président, qui attend sa confirmation par le Ministère de l’Enseignement supérieur... Décidément rien n’est jamais évident avec l’enseignement supérieur nantais.

Thibault Dumas

Thibault Dumas
Franco-américain, je suis journaliste professionnel à Nantes depuis plus de dix ans, en radio puis en presse écrite, comme pigiste désormais. Je collabore avec Mediacités, édition nantaise, depuis la préparation de son lancement, en 2017. Je n'ai pas de spécialité en tant que telle mais j'enquête plutôt (seul ou en équipe) sur les montages fiscaux (Waldemar Kita, FC Nantes, Manitou, etc), la politique sous toutes ses formes, le social (Le Confluent, Centrale Nantes, Beaux-Arts de Nantes, etc) et un peu d'écologie (déchets, éoliennes de Nozay, etc). Pour me contacter : thibault.dumas@mediacites.fr.

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