Bouguenais : l’élu chargé de la vidéosurveillance condamné pour le harcèlement de son ex-compagne

Coup de tonnerre au conseil municipal de Bouguenais, au sud-ouest de Nantes. Le conseiller municipal délégué à la « vidéo-protection » a été condamné ce jeudi 28 janvier 2021 à quatre mois de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Nantes pour le « harcèlement » d’une ex-compagne, rencontrée en 2016. Il devra lui verser 2 000 euros pour son préjudice moral et 800 euros pour ses frais de justice.

A l’époque policier au commissariat de police central de Nantes, Sylvain Avril s’était notamment introduit dans des fichiers de police pour retrouver l’adresse des parents – qu’il n’avait jamais rencontrés – de cette habitante de Saint-Herblain, afin de leur offrir une boîte de chocolats... Face à son refus de reprendre leur brève relation, il avait écrit à la Caisse d'allocations familiales (CAF) pour dénoncer sa présumée "fraude" aux prestations sociales, ce qui avait valu des « contrôles inopinés » à la plaignante. Il avait également adressé des « courriers dénigrants » à l'académie de Nantes pour qu'elle prenne des « sanctions administratives » à l'égard de cette enseignante.

La maire de Bouguenais réclame la démission de son élu

Suite à cette affaire, le policier a été muté contre son gré à Angers (Maine-et-Loire), puis au commissariat de police de Cholet (Maine-et-Loire). Il y est notamment chargé de la lutte contre les "violences faites aux femmes", avait-il expliqué lors de l’audience le 30 décembre 2020. Ses ennuis ne sont toutefois pas terminés. Interrogée le 14 janvier dernier par Mediacités, en amont du délibéré du tribunal, la maire de Bouguenais, Sarah Impériale, a fait savoir qu’elle lui demanderait de démissionner en cas de condamnation… mais celui-ci lui a d’ores et déjà répondu qu’il « ne souhaitait pas » le faire. 

« La question des droits des femmes me tient à cœur, justifie Sandra Imperiale (ex-LR), qui ignorait les démêlés judiciaires de son colistier. Je n’avais pas les détails : il m’avait expliqué qu’il avait subi le harcèlement d’une collègue, et qu’il avait des soucis avec sa hiérarchie. Je le connaissais seulement depuis deux ans, on s’était rencontrés dans le cadre de la campagne des élections régionales. » Sylvain Avril, qui se présente sur Twitter comme « du centre droit », a en effet été "encarté" à l’UDI.

Le fait que Sylvain Avril soit en charge du déploiement de la vidéosurveillance dans la commune, alors qu’il s’est introduit dans des fichiers de police, n’est pas un problème selon elle. « On n’a pas de caméras à Bouguenais, on en est juste à un embryon de stratégie de réflexion, rassure Sandra Imperiale. De toutes façons, seul le maire – sur autorisation – et les policiers municipaux peuvent avoir accès aux images. » La maire de Bouguenais n’est pas seule, désormais, à mettre la pression sur le prévenu : l’opposition de gauche réclame à son tour sa démission. « Cette décision de justice ne peut demeurer sans conséquence pour la municipalité », estime le groupe Bouguenais en Commun-s dans un communiqué rendu public ce jeudi 28 janvier 2021. Sylvain Avril a désormais dix jours pour faire appel du jugement.

Guillaume Frouin

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