Mathieu Orphelin, candidat aux élections régionales en Pays de la Loire. / Photo : site de Mathieu Orphelin

Régionales : Mathieu Orphelin propose une « charte pour l’égalité femmes-hommes » en Pays de la Loire

Ça s’agite du côté de Mathieu Orphelin. Alors que les élections régionales doivent se tenir les 13 et 20 juin prochain, le député (ex-LREM) du Maine-et-Loire structure sa future campagne. Ce week-end devraient être désignées les six têtes de listes (une pour la région et une pour chaque département) de « L'appel pour une région écologique, citoyenne et solidaire » qu’il a lancé à l’automne 2020 avec Europe Ecologie - Les Verts (EELV), Génération.s, Génération écologie et Allons Enfants. Les choix seront ensuite validés par les 2100 signataires de l’appel, avant une officialisation le 12 mars.

Lundi, comme l’a révélé le JDD, l’ancien vice-président écolo de la région sous la présidence du socialiste Jacques Auxiette (de 2010 à 2015) avait envoyé une proposition de « contrat de mandature » aux autres candidats de gauche déclarés : le socialiste Guillaume Garot, ainsi que Matthias Tavel et Sandrine Bataille, têtes de listes La France insoumise lors de ces élections. « Ce document représenterait un socle de confiance nécessaire pour assurer la bonne gouvernance de la Région lors du futur mandat, écrit le comité de pilotage du mouvement. Avant les élections, il servirait de cadre de dialogue et d’entente en vue d’un éventuel partage des responsabilités, tant au sein de l'exécutif régional que dans la majorité. »

Dix engagements pour l'égalité femmes-hommes

« Bonne gouvernance » et « partage des responsabilités », deux questions qui sont également au cœur d’un autre document préparé par l’équipe de « l’Appel » : une « Charte pour l’égalité femmes-hommes », qui devra être signée par l’ensemble des membres de la liste. Ce texte, que Mediacités a pu consulter et qui devrait être rendu public dans les prochains jours, prévoit une série de 10 engagements (voir ci-dessous), afin « d’intégrer la dimension du genre dans les activités du Conseil régional » et de parvenir à une « égalité réelle ».

Dix engagements qui s’échelonnent du plus symbolique (« veiller à l’égale répartition des élus et élues dans les médias » ou « s’engager à ne plus participer et intervenir à tout événement dont les panels d’invités ne sont pas mixtes ») au plus structurel. On y trouve ainsi la promesse de former les élus et les personnels du conseil régional à prendre en compte la question de l’égalité femmes-hommes dans les politiques publiques ou celle prévoyant « une politique d'égalité professionnelle réelle pour l'ensemble des personnels et dans tous les métiers de la collectivité ». Un rappel, en creux, des 180 000 euros qu’a du régler la région Pays de la Loire (dirigée par la LR Christelle Morançais) l’an dernier pour ne pas avoir respecté la parité femmes-hommes dans les nominations à ses postes les plus importants, comme l’avait révélé Mediacités.

Charte_d'engagement_des_candidats_ et_candidates_pour_l'égalité_F

En cas de victoire, le texte prévoit également une répartition paritaire des responsabilités politiques au sein du conseil régional, au niveau des présidences comme des commissions. Il faudra bien cela tant, malgré les lois adoptées depuis le début des années 2000, la parité s’arrête encore au portes du pouvoir local. C’est ce que démontrait notamment une enquête du réseau EluesLocales dont Mediacités avait analysé les données en 2018. Elles montraient que, dans les exécutifs locaux, les hommes héritent encore et toujours des dossiers les plus stratégiques, que ce soit sur le plan symbolique (Développement économique, Sécurité) ou budgétaire (Finances, Transports). Dans les 13 conseils régionaux français, on remarquait par exemple que les vice-présidences aux Transports – l’une des plus importantes compétences de ces collectivités – étaient occupées à 92% par des hommes. C’est le cas notamment dans les Pays de la Loire.

« Un élément majeur de notre engagement politique »

« Notre conviction, c’est que cette question de l’égalité réelle entre femmes et hommes est un pilier des transitions à venir, explique Maud Raffray. Ancienne secrétaire générale du Voyage à Nantes devenue « activatrice d’égalité femmes-hommes », cette dernière a largement participé à la conception du texte. Si nous ne modifions pas substantiellement notre façon de répartir les responsabilités, nous risquons de rater les transformations écologique, citoyenne et solidaire. Évidemment c’est un travail au long cours et l’égalité réelle ne se fera pas en un jour, mais cette charte envoie le signal que c’est un élément majeur de notre engagement politique ».

Un élément majeur, mais aussi un bon argument de campagne. « La maturité écologique des signataires de l’Appel est sans doute plus développée que leur maturité féministe, estime Maud Raffray, qui compte aller promouvoir le texte dans les prochaines semaines auprès des réseaux féministes. Nous comptons sur cette charte pour que celles et ceux qui partagent cette sensibilité nous rejoignent ». Jusqu’à quel point ? La charte s’imposerait-elle par exemple aux candidats issus d’autres partis, en cas de rapprochement avant l’élection ou de fusion après le premier tour ? « Pour le moment, ce n’est contraignant que pour les candidats de l’Appel, répond-on dans l’entourage de Mathieu Orphelin. Mais on n’imagine pas que ce puisse être un point de désaccord pour le PS comme pour les Insoumis ». Alors que le rapprochement avec les autres listes de gauche est encore loin d’être réalisé, cela serait effectivement dommage.


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