Éoliennes - Image d'illustration / Photo CC - Flickr - Aurélien Catinon

Puy du Fou : Philippe et Nicolas de Villiers perdent leur croisade contre les éoliennes

Coup de tonnerre dans le ciel du Puy du Fou. Dans une décision rendue vendredi 2 avril 2021, la cour administrative d’appel de Nantes a « enjoint » au préfet de la Vendée de délivrer l’autorisation environnementale nécessaire à la construction de trois éoliennes sur la commune vendéenne de Chantonnay, à une vingtaine de kilomètres du parc d’attraction de la famille de Villiers, le Puy du Fou. Les services de l’État, qui ont quatre mois pour s’exécuter, devront aussi payer au passage 1 500 euros de frais de justice à la société par actions simplifiée (SAS) « Parc éolien de la Plaine de la Minée », une filiale du groupe éolien allemand WKN/PNE.

Cette décision sonne comme un camouflet pour Philippe de Villiers : le fondateur du Puy du Fou s’était fendu en 2019 d’une « lettre ouverte à tous les Vendéens » pour les alerter de l’impact de ce « mur de clignotants rouges » sur son spectacle nocturne de la Cinéscénie, situé à 22 km à vol d’oiseau. « Notre aventure culturelle (…) pourrait être mise en péril par une telle perturbation, s’inquiétait-il. Porté par une propagande troublante, l’éolien est tout simplement une imposture. » De leur côté, l’association anti-éoliennes « Vent de Folie » et dix riverains soutenaient l’État dans son refus de délivrer l’autorisation environnementale.

La crainte d'un « mur de clignotants rouges »

Reste que le 16 mars dernier, lors de l’audience devant la cour administrative d’appel de Nantes, le rapporteur public avait conclu à une « absence de co-visibilité » entre les éoliennes litigieuses et le Puy du Fou. Les paysages du bocage vendéen ont beau être « charmants », de son point de vue, rien ne justifiait le veto préfectoral. L’avocate du groupe éolien avait d’ailleurs insisté sur les « motifs plus politiques que juridiques » des refus de la préfecture de la Vendée.

« Le directeur du Puy du Fou [Nicolas de Villiers, fils de Philippe de Villiers, ndlr] a écrit au préfet pour s’inquiéter de ces covisibilités, et avait évoqué une possible extension du Puy du Fou sur quatre parcelles », avait-elle déclaré aux juges nantais. Selon l'avocate, deux projets d’arrêtés préfectoraux initialement favorables à ce projet « soutenu localement » avaient ainsi été mystérieusement bloqués en préfecture… avant qu’un refus ne soit finalement opposé au groupe allemand.


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