Vue depuis les emplacements du camping de la Court à La Guérinière. / Photo : capture toocamp.com

Le camping, la mairie et le millionnaire : épilogue d’une guerre vendéenne

Mediacités vous avait raconté cette étonnante histoire l’an dernier. Dans la petite commune de la Guérinière, sur l'île de Noirmoutier, la mairie et l'ancien président de Cartier (de 1975 à 1988) se livraient depuis six ans une guerre judiciaire sans merci autour de l'exploitation d'un camping. Elle a enfin trouvé son épilogue, ce vendredi 1er octobre 2021, devant la cour administrative d’appel de Nantes.

La municipalité devra au final payer plus de deux millions d’euros à la société dirigée par Alain-Dominique Perrin, l’ancien patron du groupe de luxe. Exploitant le camping de la commune, elle avait été chassée de ses terres après avoir refusé de payer les redevances « disproportionnées» et «illégales» exigées par la municipalité de l’époque. Ces redevances venaient «renflouer le budget de fonctionnement» de la commune de La Guérinière pour «son centre technique municipal» et «l'achat d'une friche industrielle pour y installer des logements sociaux», avait affirmé lors de l'audience l'une des avocates de la SAS Les Moulins.

Jugement de Salomon

La cour nantaise a finalement opté pour le jugement de Salomon. Avant l’intervention d’un arrêt salvateur du Conseil d’État en juillet 2020, la commune avait initialement été condamnée à payer près de 4 millions d’euros à la société. Par comparaison, les deux millions d'euros dont elle a écopé le 1er octobre semblent donc un moindre mal. D'autant que la somme est aussi très inférieure aux prétentions d’Alain-Dominique Perrin, éminent collectionneur d’art contemporain et ancien exécuteur testamentaire du chanteur Claude François et du sculpteur César : le fils de l’ancien directeur des chantiers navals de Nantes – dont les attaches familiales sont sur l’île de Noirmoutier – avait initialement évalué ses préjudices à plus de 7,5 millions d’euros.

Cette histoire va néanmoins coûter cher aux contribuables de La Guérinière. En 2019, lors d’une précédente audience devant la même cour administrative d’appel de Nantes, l’ancien avocat de la commune avait certifié que la municipalité n’avait "pas les moyens"d’exécuter un premier jugement de première instance… qui ne portait que sur 1,8 million d’euros. Le dossier a aussi coûté son poste à l’ancienne maire de La Guérinière Marie-France Léculée, sèchement battue lors des dernières élections municipales.

https://www.mediacites.fr/enquete/nantes/2020/07/16/le-camping-la-maire-et-le-millionnaire-chronique-dune-guerre-vendeenne/

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