Concert lors de la Folle journée de Nantes 2009. / Photo : CC by Pymouss

Suite aux affaires, la Cité des Congrès prend le contrôle de la Folle Journée de Nantes

«Nous souhaitons tout remettre à plat dans le financement de la Folle Journée »... Interrogé par Mediacités en mai dernier dans le cadre d’une enquête sur le déficit du fonds de dotation censé financer le festival de musique classique, Aymeric Sasseau, l’adjoint (PCF) à la Culture de la maire de Nantes l’avait annoncé : pour remettre un peu d’ordre dans ce bateau ivre de la culture nantaise, l’heure était au grand chambardement.

Dont acte. Vendredi, lors du conseil métropolitain, les élus de la Métropole devraient – sauf surprise – entériner un changement de gouvernance de la Folle journée. Frappée par la révélation, en mars dernier, du détournement de plus de 230 000 euros par son ancienne directrice, Joëlle Kerivin, touchée financièrement par la crise sanitaire, la société d’économie mixte chargée depuis 2009 de l’organisation du festival est « mise en sommeil ». Et c’est donc la Cité des Congrès qui sera chargée de reprendre le flambeau pour les deux prochaines éditions.

Deux éditions seulement, car à en croire le projet de délibération qui sera présenté aux élus demain, la mise en sommeil de la SAEM Folle Journée n’est que « provisoire ». Pas sûr néanmoins qu’elle retrouve un jour ses prérogatives, la « cessation d’activité » devant durer « le temps nécessaire à une étude plus approfondie sur la dissolution de la société ». Cette dernière s’étant portée partie civile dans l’affaire Kerivin, il faudra peut-être attendre la fin d’un éventuel procès avant que soit statué sur son sort définitif.

600 000 euros de plus pour la Cité

D’ici là, la Cité des Congrès se chargera donc d’organiser le festival de musique classique créé par René Martin. Selon la délibération métropolitaine, ce dernier a d’ailleurs donné son accord à ce changement de gouvernance. Le transfert devrait d’ailleurs se faire sans trop de douleur, puisque c’est justement un ancien directeur général adjoint de la Cité, Eric Montant, qui avait été nommé en urgence à la tête de la SAEM Folle Journée pour pallier l’éviction de Joëlle Kerivin, fin mars. Il ne reviendra d’ailleurs pas rue de Valmy les mains vides. Comme le prévoit un autre projet de délibération (n°23), Nantes Métropole devrait attribuer une subvention supplémentaire de 600 000 euros à la Cité des Congrès, « compte tenu de l’enjeu de [la Folle Journée] et des dépenses liées à son organisation ». Ces 600 000 euros étaient auparavant versés à la SAEM.

Mais Nantes Métropole n’en fait pas mystère : avec ce changement de gouvernance elle espère surtout faire oublier les malversations révélées ces derniers mois, rassurer les sponsors et faire retomber un peu d’argent privé dans les caisses de la Folle Journée. « Les partenaires privés (…) pourront de leur côté envisager sereinement la pérennité de leur engagement pour cet événement hors norme, celui-ci s’inscrivant dans un cadre et une structure stables et durablement viables », indique le projet de délibération.

Benjamin Peyrel
Co-fondateur de Mediacités et rédacteur en chef de son édition nantaise. Avant de me lancer dans cette aventure, j'ai débuté au quotidien La Croix et suis passé par différentes rédactions (L’Humanité, Le Parisien, etc), avant de rejoindre L’Express et d'écumer préfectures et sous-préfectures pendant dix ans. Je m’intéresse notamment aujourd’hui aux montagnes de données que les collectivités comme les citoyens produisent quotidiennement et aux moyens de les utiliser pour faire avancer l'information.

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